Mondial Air Ballons : ça (bio-)gaze?

Il faut chauffer l'air à l'intérieur de l'enveloppe à 80°C de plus que l'air extérieur. / © Jean-Christophe Dupuis-Rémond/FTV
Il faut chauffer l'air à l'intérieur de l'enveloppe à 80°C de plus que l'air extérieur. / © Jean-Christophe Dupuis-Rémond/FTV

Comme tous les grands événements, Mondial Air Ballons cherche à réduire son empreinte environnementale. Pour cette année 2019, une grande première: tous les ballons sont alimentés au biopropane. Une solution pour réduire les rejets de CO2. 

Par Sophie Gueffier

Cette édition 2019 marque une grande première au Mondial Air Ballons: l’ensemble des ballons vole au biogaz et plus précisément au bio-propane.
Les organisateurs ont ainsi voulu marquer leur intérêt pour le développement durable et l’environnement. Est-ce à dire que les éditions précédentes étaient moins concernées? L’air du temps sans doute –sans mauvais jeu de mot-.

Ce que confirme l'aéronaute et aviateur Bertrand Piccard, plus que concerné par l'environnement, et présent sur l'événement.

Avec le biogaz, le ballon marche tout aussi bien et le pilote marche mieux. 
- Bertrand Piccard 

Cette avancée environnementale provoque l'unanimité. Produire durable et consommer mieux est l'affaire de tous. 

Un peu de pédagogie

Pour faire voler une montgolfière, l’air contenu dans l’enveloppe doit être plus chaud que l’air ambiant. Brian Poussardin, pilote pour Primagaz, précise qu'il doit y avoir 80°C d'écart entre l'air à l'intérieur de l'enveloppe et l'air extérieur. 

Les brûleurs à gaz, fonctionnant au propane ou désormais au bio-propane, permettent donc de chauffer l’air à l’intérieur de l’enveloppe qui a précédemment été gonflée par un ventilateur. 

50 kg de gaz pour un vol

Il est difficile de se représenter une consommation type de gaz d'une montgolfière, pour une heure de vol.
Elle dépend de plusieurs facteurs: la température extérieure, l'altitude, le poids embarqué...
On peut estimer qu'il est nécessaire, en moyenne, de consommer 50kg de propane ou de bio-propane pour une heure de vol en montgolfière. À titre de comparaison, 20 heures de vol correspondent à la consommation d'une maison de 120m² pendant toute une année. Des chiffres à prendre avec mesure, car calculés sur la base de moyennes estimées. Mais qui interpellent.
D'où l'intérêt, pour une manifestation qui regroupe plus de 1.000 montgolfières pendant 10 jours de passer à cette énergie plus propre.

De petits changements qui deviendront grands?

La nouveauté 2019 c’est donc le côté bio de la production du gaz.
Le propane utilisé n’est plus issu d’extraction mais produit par biomasse. Petit rappel, si nécessaire, la biomasse est une matière organique qui permet de produire de l’énergie, soit lorsqu’on la brûle ou qu'on la traite, soit lorsqu’elle se décompose. Dans le cas du bio-propane fourni, par Primagaz, la biomasse est obtenue à 88% à partir du recyclage de déchets industriels, tels que les huiles de cuisson, ou les graisses animales. Les 12% restants sont des huiles d'origine agricoles, issues de filières certifiées respectueuses de l'environnement. 
Selon le fournisseur d’énergie, le biopropane produit 80% d’émissions de CO2 en moins par rapport aux énergies fossile de référence. Pour être plus précis 82% de moins que le fuel et 78% par rapport au propane. Ces calculs se font sur l'analyse du cycle de vie de la production de l'énergie (production, transport jusqu'au client le tout comparé au même données pour le propane fossile). 

Cette énergie 100% renouvelable n'est distribuée par le fournisseur d'énergie que depuis un an. Et même s'il se réjouit de l'intérêt de sa clientèle pour ce nouveau produit (environ un quart des nouveaux clients choisissent de passer à cette énergie), cela ne représente aujourd'hui qu'environ 1% de cette clientèle. Le coût reste sans doute un des freins au changement. Par an, choisir le bio-propane coûte 150€ de plus que le fuel.

L'argument écolo, affaire de communication ou l'affaire de tous?

Comme le rappelle Brian Poussardin, pilote chez Primagaz,

Il faut commencer par balayer devant sa porte.

Le jeune pilote de 30 ans évoque les expériences que lui et son père, également pilote en haute-montagne, réalisent afin de limiter leur consommation tout en gardant une qualité de pilotage constante. Car, à ses yeux chaque geste compte, aussi petit soit-il. 

Les ballons Primagaz parmi les autres ballons du Mondial Air Ballons / © Sophie Gueffier/FTV
Les ballons Primagaz parmi les autres ballons du Mondial Air Ballons / © Sophie Gueffier/FTV

L'entreprise en adaptant sa propre consommation pour sa montgolfière compte ainsi montrer l'exemple.
Un de ces objectifs est de faire connaître cette nouvelle énergie, afin d'inciter un maximum de consommateurs à s'y convertir, à l'instar des pilotes. Une conversion d'autant plus simple qu'elle ne nécessite aucune modification de structure, si le client utilise déjà le propane. L'objectif de Primagaz et de faire passer 100% de sa clientèle aux bioénergies à l'horizon 2040.

Mondial Air Ballons : comment ça gaze?

Sur le même sujet

Elevage visons de Spincourt -Meuse

Les + Lus