TEMOIGNAGE. Femme d’agriculteur, "il faut être partout à la fois"

Le salon de l’agriculture se tient jusqu’au 3 mars Porte de Versailles. L’occasion cette année pour les agriculteurs d’évoquer leurs revendications. Mais qu’en est-il des femmes d’agriculteurs ? Elles qui souvent mènent de front une carrière bénévole pour aider leur conjoint en plus de celle qu’elle assure à l’extérieur, sans compter le temps consacré au foyer et aux enfants. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, voici le témoignage de l’une de ces femmes.

Les agriculteurs font la une de l’actualité ces dernières semaines. Leurs manifestations, pour faire entendre leurs revendications, sont relayées au quotidien. Souvent dans l’ombre de ces hommes, à leurs côtés, des femmes qui, elles aussi, font face à des difficultés importantes. Parfois, elles travaillent sur l’exploitation et en plus à l’extérieur en même temps pour aider leur conjoint. C’est le cas de Mylène Lang.

Cette jeune trentenaire est assistante vétérinaire deux jours par semaine. Elle y gère le secrétariat et donne un coup de main au vétérinaire si besoin. Son compagnon, Anthony Lang est éleveur à Ormersviller, en Moselle. Il est à la tête d’un cheptel de 210 animaux environ, vaches et porcs, depuis 2016. Il gère aussi une production maraîchère. Sur l’exploitation, Mylène s’occupe en particulier de la culture des légumes : "Je m'occupe des plantations et des cultures de légumes. Il m'arrive de nourrir les bêtes." Pour Mylène, il s’agit d’une activité bénévole. Aucune rémunération, aucune indemnité, aucune cotisation retraite. "Les agriculteurs sont laissés un peu seuls face à ce problème. La plupart ne peuvent pas prendre un salarié. C’est souvent la famille, quand elle peut, qui aide".

Ils sont, en plus, plus jeunes parents d’une petite fille depuis sept mois. "C’est vrai qu’il faut être un peu partout à la fois", nous raconte Mylène. "Il faut un mental fort. Physiquement, ce n’est pas toujours évidemment. Il y a des jours plus compliqués que d’autres. Mais on s’y habitue. Il faut trouver une routine. J’aime beaucoup la nature. Cela m’aide bien."

Anthony et Mylène Lang ont tenté l’expérience avec des apprentis. "Malheureusement, ceux que nous avons eus sur la ferme n’avaient pas très envie d’être là. En hiver, ça va encore. Les moments compliqués sont au moment des plantations de légumes, des récoltes et des moissons. Anthony a besoin d’aide pour pouvoir s’occuper des bêtes."

Journée internationale des droits des femmes

Le 8 mars comme chaque année, c’est la journée internationale des droits des femmes. Quand on lui pose la question de comment, elle fait pour gérer un tel emploi du temps, Mylène Lang répond : "J’ai adapté mon temps de travail. Je ne suis que deux jours par semaine assistante vétérinaire." Un temps partiel qui ne semble pas l’inquiéter outre mesure pour le moment. "Pour l’instant la retraite, on n’y pense pas. J’ai travaillé à temps plein, avant de faire une pause et de revenir à temps partiel. Mais, en fait, on n’a pas le choix. Il n’y a pas d'autres solutions. Une embauche, cela signifierait un salaire et des charges qu’on ne peut pas sortir."

Mylène est maman et femme d’agriculteur. La jeune femme travaille sur l’exploitation sans rémunération. Pour elle, "la journée des droits des femmes est une journée comme les autres. On est dans une routine. Mais en vérité, s’il pouvait y avoir une reconnaissance de notre bénévolat et de l’aide familiale qu’on apporte aux agriculteurs. Cela pourrait nous aider, nous les femmes, mais aussi les agriculteurs qui sont nos maris et qui en ont besoin."

Les pop-corn de Mylène au salon de l'agriculture

Lundi 26 et mardi 27 février, ils seront tous les deux au salon de l’agriculture pour présenter leur gamme de pop-corn sur le stand "Moselle" Hall 3 Stand G165. Plusieurs variétés sucrées : cannelle, chocolat. La variété salée pour l’apéritif aux oignons de la ferme, barbecue et paprika. "Dans notre région, on a l’habitude des chips. Le maïs est celui de la ferme. Au salon de l'agriculture, on apportera du maïs que l’on fera éclater sur place. On proposera des dégustations et des pots tout prêts." Les pop-corn de Mylène sont désormais 

Mylène et Antony Lang misent sur l'importance de la proximité entre les consommateurs et les producteurs. Ils privilégient la vente directe et les circuits courts.