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3 raisons de regarder le documentaire “Rodina”

Alexandra Paramonova Galya Demyanova et Nadiejda Lissoviets, trois des femmes du détachement Rodina / © Noliprod
Alexandra Paramonova Galya Demyanova et Nadiejda Lissoviets, trois des femmes du détachement Rodina / © Noliprod

C'est un épisode peu connu de la Seconde Guerre Mondiale. Il s'est déroulé tout près de nous, dans le camp de concentration de Thil en Meurthe-et-Moselle. Une histoire de femmes, une histoire de résistance, une histoire d'éxilées. 3 raisons de se souvenir. Ne manquez pas "Rodina".

Par Sophie Gueffier

"Rodina". C'est le nom d'un détachement de la Résistance en France pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ça veut dire "patrie" en Russe. 
C'est le nom choisi par l'unique bataillon de la Résistance composé de femmes. Cela s'est passé en Lorraine, en 1944. L'épisode, héroïque reste pourtant trop méconnu. 
Découvrez l'histoire extraordinaire de ces femmes russes ou biélorusses dans le documentaire de Jean-Louis Sonzogni.
Voici trois bonnes raisons de le visionner. 

1 - Découvrir une histoire méconnue

Celle du camp de concentration de Thil en Meurthe-et-Moselle. Annexe du camp du Struthof, il a vu passer près de 2000 déportés entre mars 1944 et la libération de la Lorraine dès septembre de la même année. Il s'agissait d'un camp de travail. Les déportés, originaires pour beaucoup d'Europe de l'Est, étaient envoyés dans la mine du fer du Tiercelet, toute proche.
L'ancienne mine de fer a abrité un camp de travail de prisonniers des nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale / © Noliprod
L'ancienne mine de fer a abrité un camp de travail de prisonniers des nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale / © Noliprod

Une unité de production de missiles V1 y était installée à l'abri des bombardements. Une habitante du village de Thil se souvient : 

Tout ce qui se passait là, c'était un concentré de ce qui se passait dans le monde

2 - Faire connaissance avec des femmes extraordinaires

Elles s'appellent Nadiejda Lissoviets, Alexandra Paramonova et Galya Demyanova. Elles sont russes ou biélorusses. Leurs noms ne vous disent rien et pourtant ce sont des héroïnes de la Résistance. Elles font partie des 37 prisonnières du camp qui ont réussi à s'évader, avec l'aide des partisans d'Errouville. La Résistance française n'acceptant pas les femmes, elles ont constitué leur propre détachement entièrement composé de femmes. Le seul en France. Le documentaire distille les exemples de leur courage, leur solidarité et de leur force. Comme lors du 1er Mai 1944, où revenant de la mine en train, elles se mettent à chanter l'Internationale en agitant des mouchoirs rouges par les ouvertures des wagons. Liliane Monzani, a vu passer le train :

On a vu dans toutes les fenêtres du train un bras tendu avec un chiffon rouge: elles chantaient l'International ! J'ai eu peur et j'ai dit à mon amie : elles vont se faire massacrer.

3 - Rendre leur place dans l'Histoire à ces femmes

A la Libération, la France regroupa les exilés afin de les renvoyer dans leurs patries. Avant leur retour au pays trois femmes du détachement ont été décorées à Verdun et nommées Lieutenants des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) et des Francs-Tireurs Partisans (FTP). Les honneurs s'arrêteront là. 
La Guerre Froide aura raison de leur combat.
Comment les soviétiques pouvaient-ils traiter ces héroïnes de la libération des pays capitalistes ?

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