Le photographe Sebastiao Salgado fait de la pub pour du champagne

Publié le Mis à jour le
Écrit par L.L

Le photographe "des pauvres" Sebastiao Salgado a vendu une photo de puma pour une célèbre marque de champagne. Le magazine Next Liberation s'interroge et interroge l'immense artiste. 

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Comment passe-t-on d'un cliché en noir et blanc de deux enfants d'Equateur en 1982 au champagne ? De la pauvreté au produit de luxe ? C'est la question que s'est posée Next LiberationLa légende de la photographie, l'artiste militant franco-brésilien de 72 ans, Sebastiao Salgado a vendu un cliché de puma pour une bouteille Taittinger vendue à 220 euros. 

Les journalistes du magazine ont voulu en savoir plus. Vitalie Taittinger, directrice artistique et marketing, explique qu'ils voulaient "une signature d'un artiste qui a marqué l'histoire de l'art, qui soit arrivé à une forme de maturité et de sagesse".

Après avoir contacté la maison de champagne, c'est le photographe en personne qui les appelle. Simple comme un coup de fil. 

Alors comme ça, tu as des questions sur ma photo pour le champagne ?


- "Pourquoi avoir accepté de faire cette publicité ? "
- "Ce n'est pas de la publicité. Il y a un vrai travail, mené par ma femme Lelia qui a choisi la photo et la façon de la disposer. C'est complexe, la forme d'une bouteille de verre, parce qu'elle tourne sur elle-même à l'infini".

J'ai parfois besoin de vivre, de financer d'autres projets


- "J'ai déjà fait des campagnes pour Volvo en Angleterre, pour les cigarettes Silk Cut, j'ai aussi pris des photos pour la Renault 14"
-"Pourquoi ?"
- "Et bien parce que j'ai parfois besoin de vivre, de financer d'autres projets."


Cette collaboration n'est en rien un projet caritatif. Le photographe y a pensé. Il a proposé à Taittinger de faire un don. Mais difficile de monter l'opération pour des questions fiscales. Tant pis, Salgado donnera l'argent lui-même. 

Quant à l'avenir de la photographie, le Brésilien se montre pessimiste. "Je ne crois pas que la photo vivra encore plus de vingt ou trente ans, on va passer à autre chose (...) ce qu'on voit sur les portables, ce n'est pas de la photo. Elle doit se matérialiser, il faut l'imprimer, la voir, la toucher, comme avant quand les parents faisaient les albums de leurs enfants".