Que faire si un chat s'invite chez vous ? Les 4 conseils d'un vétérinaire

Comment réagir lorsqu'un chat s'invite chez vous ou se présente sur le pas de votre porte ? Voici les conseils à suivre pour adopter la bonne attitude vis-à-vis de l'animal.

Que vous habitiez dans une maison, ayez un jardin ou même viviez en appartement, il se peut que vous ayez déjà vu une petite frimousse pointer le bout de son nez à votre domicile. Un chat est là, mais alors que faire ? Comment réagir ? Yannick Pérennès, directeur et vétérinaire à l'hôpital AniCura CHV Pommery de Reims, nous donne ses conseils pour adopter le meilleur comportement vis-à-vis de cette incursion féline.

Le chat, un animal territorial

À l'état naturel, le chat est un prédateur territorial de nature curieuse. Rien d'étonnant donc à ce qu'il s'approprie un territoire. Bien sûr, les limites que se fixe le félidé ne sont pas les limites humaines telles qu'indiquées sur les cadastres comme l'explique Yannick Pérennès : " Il n'est pas du tout étonnant qu'un chat s'approprie le territoire quand il n'y a personne qui l'occupe. Si le territoire, c'est un jardin avec une maison au bout, et bien il arrive un moment où bien souvent il rentre dans la maison. C'est dans la nature même de l'occupation du territoire par la population de chats." Il n'est donc pas rare que le matou entre sur un terrain ou dans une habitation faisant partie de son fief. En clair : le chat n'est pas chez vous, vous êtes chez lui. 

1/ Première étape : se renseigner sur le chat

Vous voilà devant le fait accompli : un chat se trouve sur le pas de votre porte. Pour le vétérinaire, la première étape consiste à se renseigner sur la boule de poils qui s'invite chez vous. Et cela peut prendre un certain temps. 

Premier marqueur de renseignement, l'état général de l'animal. Est-il en bonne santé ou en mauvaise santé ? Lorsque le chat est maigrichon, en mauvais état et pas castré, il est probable qu'il soit errant. Au contraire, s'il est grassouillet et qu'il porte un collier, il est bien évidemment domestiqué.

Parfois, le doute subsiste et vous souhaitez en avoir le cœur net dans l'intention éventuelle de vous occuper du chat. Dans ce cas de figure, il convient de prendre contact avec un vétérinaire ou un professionnel du monde animal équipé d'un lecteur de puce. À l'aide de ce lecteur, le vétérinaire pourra vous dire si le chat appartient à quelqu'un ou pas.

2/ Le chat du voisin, tu ne nourriras point

Vous avez fait votre enquête et il s'avère que le félin appartient à un voisin. Dans ce cas, un seul code de conduite : "Il est important de veiller à ne pas le sédentariser en lui donnant à manger", explique Yannick Pérennès. Premièrement, parce que voler le chat du voisin est fort peu sympathique et peut être source de conflit.

Ensuite, parce que même si lui donner à manger part d'une bonne intention, vous ne connaissez probablement pas les problèmes de santé du chat. L'animal peut en effet souffrir de troubles urinaires, de diabète, de problèmes de thyroïde, avoir besoin d'une alimentation diététique... Le nourrir peut donc être contre-indiqué pour sa santé.

D'une manière générale, Yannick Pérennès recommande de "ne pas détourner un chat d'un environnement heureux, un chat qui aurait déjà une vie autre part". Il ajoute : "Si le chat a déjà à manger chez ses propriétaires, ça ne sert à rien de lui redonner à manger, car ça risque de le faire grossir, et surtout, il a déjà tout ce qu'il lui faut chez lui." Il n'est en effet pas rare qu'un chat s'invite dans les maisons pour se faire câliner, et réclamer à manger (car c'est un gros gourmand), et qu'il retourne tranquillement chez lui le soir venu. N'oublions pas que les chats sont des petits filous hédonistes qui savent où trouver les recoins les plus confortables et les gamelles les mieux garnies.

Notre vétérinaire recommande également de dialoguer avec courtoisie avec le voisinage détenteur du félin. Aller à sa rencontre permettra d'éviter tout problème relatif à l'animal, évitera que la situation s'envenime par la suite et que naissent des accusations de vol ou de maltraitance du chat. 

3/ Chat sauvage, sauvetage ?

Après moults recherches, vous avez confirmation que le petit être qui vous rend visite est un chat errant. Deux choix s'offrent alors à vous : recueillir ou ne pas recueillir l'animal.

Dans le cas de figure où vous choisissez d'en faire votre animal de compagnie, il est nécessaire d'emmener l'animal chez le vétérinaire pour vérifier la présence ou l'absence d'une puce, lui attribuer une identification électronique le cas échéant, le stériliser et le vacciner. La vaccination et l'identification des carnivores domestiques sont en effet obligatoires en France. 

Vous pouvez a contrario choisir de ne pas en faire votre animal de compagnie. Dans ce cas de figure, il n'est pas possible de chasser un chat d'un jardin. Rappelez-vous : vous êtes sur son territoire et, hormis la mise en place d'une barrière mécanique adéquate, il reviendra à sa convenance. La meilleure conduite à tenir consiste à ne pas lui ouvrir la porte de votre logement et à ne pas le nourrir.

Pour plus d'informations, le site service.public.fr met à votre disposition un questionnaire pour savoir que faire si vous trouvez un chat ou un chien errant.

4/ Faire preuve de bon sens

Quelle que soit la situation, Yannick Pérennès l'affirme, "le bon sens prévaut". Les scénarios possibles sont multiples. À titre d'exemple, de nombreuses personnes cohabitent avec les chats de leurs voisins, en leur donnant un petit peu à manger. Il peut arriver qu'un voisin décide de ne plus s'occuper de son chat ou qu'un voisin déménage et abandonnant son chat. Parfois même, le petit filou s'invite chez vous parce qu'il vous a tout simplement choisi et qu'il vous accorde sa confiance. Autant de cas de figure qui nécessitent une évaluation de la situation au cas par cas en faisant preuve de bon sens.