Les savonniers se mobilisent sur le net pour rappeler le rôle indispensable du savon dans la lutte contre le virus

"Passez un savon à l’épidémie de COVID", c’est le slogan que les fabricants de savon artisanal ont lancé sur les réseaux sociaux le 8 novembre 2020. Ils ne veulent pas être une profession de plus qui se plaint mais souhaitent mettre en avant la qualité de leurs produits.
 

Ils s'affichent sur internet pour sauver leur artisanat.
Ils s'affichent sur internet pour sauver leur artisanat. © Collectif #savonniersmobilisés
Lavez-vous bien les mains....Le message est martelé partout à longueur de journées. Alors face à la "concurrence déloyale" du fameux gel hydroalcoolique, les savonniers et savonnières artisanaux veulent se faire mousser.
Ils ont lancé le 8 novembre 2020 un hashtag sur les réseaux sociaux (#savonniersmobilisés) pour interpeller le public sur le "caractère indispensable du savon artisanal dans la lutte contre l’épidémie de COVID-19".
"Cette action n’est pas seulement pour dire on ne peut plus travailler car on a bien conscience du fait qu’il faut limiter les contacts. Mais on voulait surtout mettre en avant les qualités essentielles de notre produit ", explique Charlie Marandet, savonnière à Coyviller en Meurthe-et-Moselle.

La solidarité des artisans

"Depuis plusieurs années, on a un groupe de travail sur les réseaux sociaux qui rassemble près de 300 savonniers en France et en Belgique. On a voulu faire une action solidaire", continue la jeune femme qui forme aussi des futurs professionnels.

Chez les artisans lorrains, c’est le grand flou. La plus grande partie de leurs ventes se fait sur les marchés hebdomadaires ou les marchés de noël. Ceux qui sont restés ouverts pour les produits alimentaires n’autorisent plus les autres stands.
A l’asinerie de Foulcrey, dans la campagne mosellane, la boutique est de toute façon trop loin pour que les clients puissent y venir dans leur périmètre de un kilomètre de balade.
S’il continue à vendre ses savons au lait d’ânesse dans les magasins de producteurs et sur internet, Robin Van Haaren pense perdre la moitié de son chiffre d’affaire cette année. "Pendant le premier confinement, on a beaucoup souffert de la fermeture des instituts de beauté. Sur la dizaine de foires annuelles, on en a fait qu’une. Et aucun des quatre marchés de noël prévus".

A Petitmont dans le canton de Baccarat, Sabrina, la créatrice de "Des potions et des bulles" s’accroche mais au prix d’un travail redoublé. "On s’est démené pour trouver une vingtaine de points de vente, des épiceries qui restent ouvertes et les drives fermiers, vers lesquels les gens se tournent de plus en plus. On fait des heures de route pour les livrer tous et des journées doubles."

Un produit ancestral

La campagne des savonniers sur les réseaux sociaux.
La campagne des savonniers sur les réseaux sociaux. © Collectif #savonniersmobilisés

"Les premières traces d’utilisation du savon remontent à plus de 4500 ans", martèlent les producteurs dans leur appel.
Le savon artisanal est en principe fabriqué par saponification à froid. C’est-à-dire sans chauffer le mélange de soude et d’huiles qui va constituer le savon. Ce procédé permet de ne pas dégrader la glycérine et donc de conserver des propriétés hydratantes pour la peau.

On a un produit aussi efficace que le gel hydroalcoolique et en plus bon pour la peau !

Robin Van Haaren, savonnerie Mosell’âne


Des savonniers qui mettent aussi en avant la dimension écologique de leurs produits qui sont une alternative aux gels douches en bouteilles en plastique.

Pour trouver un des 450 savonniers de France, le site internet d’un passionné les recense.

Pour beaucoup de ces artisans passionnés, devenir savonnier ou savonnière est le fruit d’une reconversion professionnelle. Après être "tombé dans le chaudron".


 
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