Stocamine : la ministre de la Transition écologique favorable pour l'instant à un confinement définitif des déchets

Barbara Pompili s'est rendue ce mardi 5 janvier sur le site de Stocamine, une ancienne mine de potasse située à Wittelsheim dans le Haut-Rhin où sont stockées 42.000 tonnes de déchets toxiques. Elle s'est dite favorable à leur confinement définitif et rendra sa décision d'ici à la fin du mois.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, s'est rendue sur le site de Stocamine dans le Haut-Rhin mardi 5 janvier 2021.
Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, s'est rendue sur le site de Stocamine dans le Haut-Rhin mardi 5 janvier 2021. © Sébastien Bozon/AFP

L'avenir des déchets stockés à Stocamine est-il déjà scellé ? Barbara Pompili s'est rendue ce mardi 5 janvier à Wittelsheim (Haut-Rhin), pour visiter le site de l'ancienne mine de potasse. Et la ministre de la Transition écologique serait favorable à un confinement définitif des 42.000 tonnes de déchets industriels dangereux qui y sont enterrées. "Je me dis que la solution la plus sûre pour l'environnement comme pour les travailleurs est l'option où l'on ne retire plus de déchets et où l'on confine dans des conditions optimisées", a-t-elle déclaré dans une interview à nos confrères de l'Alsace, en amont de cette visite.

"Pas beaucoup d’arguments" en faveur du déstockage

"Quand je regarde les scénarios avec deux préoccupations majeures, qui sont la préservation de la nappe phréatique d’Alsace et évidemment la sécurité des gens qui travaillent en dessous, à première vue, franchement il n’y a pas photo. "Quand je sors de cette mine, pour l’instant, je n’ai pas encore vu beaucoup d’arguments qui m’incitent à penser qu’il faudrait déstocker", confirme-t-elle lors d'un point presse organisé après cette visite. "Mais je n’ai pas encore discuté avec les élus, avec les citoyens lors de la réunion publique de ce soir. C’est pour cela que je ne prendrai pas de décision avant d’avoir eu ces échanges, avant d’avoir réfléchi posément", précise la ministre. 

Ouvert en 1999 pour une durée initialement prévue de trente ans, Stocamine devait recueillir 320.000 tonnes de déchets industriels dangereux non radioactifs (de classe 1 et 0). Mais un incendie souterrain survenu en 2002 a arrêté son activité. Depuis, la polémique est incessante sur le devenir des quelque 42.000 tonnes de déchets toujours enfouis à plus de 500 mètres sous terre, dont certains renferment du mercure, du chrome, du cadmium, de l'arsenic ou de l'amiante. 

Les opposants au confinement déçus

Le déstockage des déchets déjà entreposés est réclamé depuis des années par les élus locaux et les associations de défense de l'environnement, mais l'Etat n'a cessé de tergiverser entre déstockage partiel, total ou confinement définitif. En 2012, il avait fait le choix de l'enfouissement définitif, tout en ordonnant le retrait des déchets contenant du mercure, mais depuis un déstockage partiel a aussi été étudié. 

Une centaine de manifestants opposés au confinement étaient présents ce mardi après-midi. "On pensait que dans l'esprit de permettre à chaque partie de sortir la tête haute, elle allait négocier un petit quelque-chose, sortir encore 20% de déchets, comme cela et les élus et la population et le collectif seraient contents. Mais visiblement non, elle a l'air d'avoir déjà décidé de tout laisser au fond. Ce n'est sûrement pas la bonne solution",  selon Yann Flory, porte-parole du collectif Destocamine.

Une manifestation en faveur du destockage des déchets a eu lieu le mardi 5 janvier.
Une manifestation en faveur du destockage des déchets a eu lieu le mardi 5 janvier. © Eric Kleinhoffer/France Télévisions

La décison sera prise "d'ici à la fin du mois "

"L'avantage d'un déstockage partiel serait de réduire les risques de pollution éventuelle de la nappe phréatique. C'est la seule justification. Or, les risques sont infimes", a argumenté Barbara Pompili. "Les plus dangereux pour la nappe, contenant du mercure, ont déjà été enlevés à hauteur de 95% entre 2015 et 2017. Il reste quelques produits dangereux mais la plupart des sacs contiennent des produits qui ne sont pas solubles, donc pas dangereux pour la nappe phréatique", a estimé la ministre.

Même si elle veut encore réfléchir à deux scenarii possibles parmi les six présentés, l’extraction des déchets ultimes ou leur enfouissement, la ministre aurait donc déjà choisi. Barbara Pompili prendra une décision définitive d'ici à la fin du mois de janvier sur l'avenir de ce site controversé.

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