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VIDEO - Déraillement mortel du TGV à Eckwersheim : “on l'a délibérément mise en danger”, dénonce le frère d'une victime

la famille de Fanny Mary, décédée dans le terrible accident veut faire reconnaître une mise en danger délibérée de la vie d'autrui
la famille de Fanny Mary, décédée dans le terrible accident veut faire reconnaître une mise en danger délibérée de la vie d'autrui

Le 14 novembre 2015, une rame d'essai du TGV a déraillé avant de tomber dans un canal à Eckwersheim, faisant 11 morts et 42 blessés. Trois ans après cette catastrophe, la famille d'une victime tente de faire reconnaître "la mise en danger délibérée de la vie d'autrui".

Par MC / MC

Le 14 novembre 2015, l'accident de la rame d'essai du TGV faisait 11 morts et 42 blessés à Eckwersheim (Bas-Rhin), il s'agit de la pire catastrophe qu'a connu le TGV depuis son lancement en 1981.

Les conclusions de l'enquête en octobre 2017 avaient pointé une succession d'erreurs de la part de la SNCF et de sa filiale Systra : manque de formation du personnel, de coordination, de rigueur, des essais en survitesse supérieurs de 10% à la vitesse de conception de la ligne. Le jour du drame, la rame d'essai circulait à 265 km/h à l'entrée de la courbe située en amont de l'accident, pour une vitesse normalement prévue à 176 km/h. Et elle circulait encore à 243 km/h au point de déraillement 200 mètres plus loin.
 

Certaines victimes avaient été invitées à bord de cette rame, notamment des amis, des proches de cheminots. Une pratique courante, qui avait à l'époque semblé embarrasser la SNCF. Elle reste aujourd'hui encore contestée par la famille de Fanny Mary, une jeune femme décédée à l'âge de 25 ans dans ce terrible accident. Ses parents et son frère Arthur voudraient faire reconnaître une mise en danger délibérée de la vie d'autrui.  
 

"Ce n'était pas nécessaire d'inviter ces gens"

"J'ai rapidement compris que la SNCF n'avait aucune idée de si ma soeur se trouvait à bord du train ou pas. Ils ne savaient pas qui était ma soeur, alors que la SNCF l'avait invitée", s'étonne Arthur Mary. "On ne lui a pas dit qu'on allait désactiver des systèmes de sécurité, on ne lui a pas dit que c'était la toute première fois qu'on réalisait cet essai, on ne lui a pas dit qu'elle devait porter un équipement de sécurité ce jour-là.(...) On l'a délibérement mise en danger. Ce n'était pas nécessaire d'inviter ces gens. Ils étaient en danger !" 
 

En 2017, le parquet de Paris a classé sans suite la plainte pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui déposée par la famille, faute d'éléments probants. Mais Jean-Robert Nguyen Phung, l'un des avocats, refuse d'abandonner ce combat judiciaire, convaincu que l'accident aurait pu être évité.  "C'est la conjonction d'erreurs humaines, d'erreurs institutionnelles, d'erreurs structurelles. Il suffisait de ne pas désactiver le freinage automatique, il suffisait de respecter les paliers de sécurité. Nous entendons tout simplement que toutes les personnes impliquées comparaissent devant la juridiction compétente, pour la totalité des infractions qui ont conduit à la catastrophe."

La SNCF et sa filiale Systra ont été été mises en examen en décembre 2017 pour "blessures et homicides involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité".
 

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