Coronavirus : les patrons de discothèques entre colère et désespoir

Les discothèques resteront fermées tout au long de cet été. Malgré un recours devant le Conseil D'Etat déposé par leur syndicat, la fermeture des boites de nuit n'est pas jugée "disproportionnée ", au vu de l’état sanitaire dans le pays.

Les professionnels espéraient ouvrir leurs établissements en juillet, le gouvernement maintient une ouverture en septembre
Les professionnels espéraient ouvrir leurs établissements en juillet, le gouvernement maintient une ouverture en septembre © ALAIN JOCARD / AFP
Leur appel au secours n’a pas été entendu, les patrons des boîtes de nuit devront encore patienter. Ils espéraient pourtant pouvoir rouvrir mais le Conseil d'Etat a tranché ce lundi 13 juillet 2020 : leurs établissements resteront fermés à cause du Coronavirus qui circule encore. Le Conseil d’Etat a estimé que cette décision n’est pas "disproportionnée" par rapport à la situation sanitaire actuelle. La haute juridiction administrative a donc débouté le SNDLL (Syndicat national des discothèques et lieux de loisir) d'un recours en référé. Le Conseil d’Etat confirme donc la décision du gouvernement de prolonger la fermeture des discothèques jusqu'en septembre. Pourtant, les gérants des boîtes de nuit étaient devant le ministère de la Santé ce dimanche 12 juillet pour demander une ouverture sous les mêmes conditions que les bars. Dans les Vosges, les patrons d’une dizaine de boîte de nuit se sont également rassemblés devant la Préfecture à Epinal samedi dernier, sans résultat.

"Dépité, fatigué, j’ai envie de craquer" avoue Christophe Noël, un des gérants de la discothèque Le Panache à Épinal. Son établissement de 250 places était prêt à rouvrir. Masques, gel hydroalcoolique et marquage au sol, rien n'a été oublié. Même la piste de danse a été supprimée. À la place, des chaises et des tables hautes sont disposées à la bonne distance. Des bars ouverts mais des discothèques fermées, un paradoxe pour les gérants des établissements qui assurent pouvoir appliquer les règles sanitaires. "Nous on peut le faire ! Se déplacer d'une table pour aller fumer ou aller aux toilettes avec un masque, ça on sait faire. Nous sommes sept portiers dans cette petite salle, on va faire en sorte que les gens mettent leurs masques, laissez-nous faire notre boulot !", explique Francis Cavarzasio, co-gérant de la discothèque Le Panache à Epinal.

Si la situation perdure, on n'aura pas trop le choix. Fermeture !

Fabien Tisserant, discothèque Black Pearl (Gérardmer)

La situation économique est intenable. Les patrons des boîtes de nuit sont écrasés par les charges. L’aide de l’Etat de 1.500 euros par mois par établissement est loin d'être suffisante. "J’ai 8.000 € par mois de charges, loyer, électricité, assurance et aucune entrée d’argent. Ce qui me permet de tenir, c’est ma trésorerie de 40.000 € et le prêt que l’État m’a accordé. Les deux cumulés, cela fait environ 90.000 €. Si la situation perdure, on n'aura pas trop le choix. Fermeture ! Au chômage ! Les galères commencent !" admet Fabien Tisserant, gérant de la discothèque Black Pearl à Gérardmer.

En colère, les patrons de boîte de nuit évoque la fin d’un métier. En France, les patrons de discothèques estiment que la moitié des clubs vont disparaître, soit environ 800 lieux, si une réouverture n'est décrétée qu'en septembre. Dans le Morbihan, le gérant d'une discothèque est convoqué devant le tribunal correctionnel. Il a écopé d'une fermeture administrative de six mois pour avoir ouvert son établissement trois nuits consécutives le week-end dernier malgré l'interdiction. Il risque deux mois d'emprisonnement et une amende.
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