Décès suspects à l'hôpital de Remiremont : la suspension de l'activité chirurgicale est prolongée huit jours de plus

Une semaine après avoir suspendu ses activités chirurgicales, l'hôpital de Remiremont dans les Vosges a fait le point sur la situation à l'occasion d'une conférence presse ce mercredi 11 octobre. L'ARS Grand Est lui donne huit jours pour répondre à ses injonctions et prescriptions. L'ARS pointe des "problèmes organisationnels".

Lors d'un point presse qui s'est tenu ce mercredi 11 octobre 2023 sur la situation du centre hospitalier de Remiremont, il a été confirmé que l'hôpital vosgien restera fermé. Une enquête avait été diligentée pour "analyser la situation et vérifier que toutes les organisations médicales et chirurgicales sont parfaitement conformes aux règles de l'établissement", pour garantir la sécurité des soins.

Si au bout de huit jours, le centre hospitalier n'a pas démontré sa capacité à mettre en œuvre son plan d'action, alors l'ARS pourra prendre la décision de prolonger la suspension qui a déjà été décidé par l'établissement

Virginie Cayré, Directrice Générale de l’ARS Grand Est

Cette double inspection menée par l'ARS (Agence régionale de Santé) Grand Grand Est "révèle des problèmes organisationnels", explique Virginie Cayré, directrice générale de l’ARS Grand Est, "deux inspections dont la dernière en octobre après celle de janvier confirment des difficultés déjà identifiées dans un premier rapport. Ces dysfonctionnements, ce sont notamment la tenue médiocre des dossiers médicaux, l'absence de visites par les chirurgiens auprès des patients en post-opératoire, l'absence de staff médical ou encore la séniorisation des internes. Pour chaque recommandation, on attend une réponse de l’établissement. Un gros travail a été engagé sur certains sujets d’organisation pour garantir la sécurité d’accès, mais ce n'est pas suffisant. Je demande au directeur de l'établissement de mettre tout en œuvre, immédiatement, les actions qu'il a proposées, et ce, sous huit jours. Ce sont des mesures correctives qui vont permettre, si elles sont mises en œuvre, de reprendre l'activité chirurgie ortho-traumato de façon sécurisée pour les patients. Si au bout de huit jours, le Centre hospitalier n'a pas démontré sa capacité à mettre en œuvre son plan d'action, alors l'ARS pourra prendre la décision de prolonger la suspension qui a déjà été décidé par l'établissement", précise Virginie Cayré.

"Il n’y a pas de problème sur l’acte médical pur" poursuit Dominique Cheveau, directeur général du CH de Remiremont, "on va travailler sur la traçabilité des actes et vérifier que les patients qui sont pris en charge répondent bien aux capacités de l'établissement. On doit le garantir et, s'ils ne relèvent pas de la compétence du Centre, être transféré à Épinal ou à Nancy. Ce parcours de soin est un élément essentiel. La situation est inédite et nous sommes dans une situation d’échec. Notre objectif, c’est de reprendre cette activité programmée. Nous avons huit jours pour répondre aux prescriptions en faisant appel à l’aide du CHRU de Nancy et de l'Université. Nous arriverons à répondre aux injonctions", estime le directeur du CH de Remiremont.

Des décès et des questions

Depuis le 6 octobre 2023, toutes les opérations chirurgicales étaient suspendues. Une décision prise, à la suite d'un nouveau décès d'une patiente le 3 octobre, une femme de 78 ans qui venait de subir une opération du col du fémur. Après ce "décès inattendu" et "en raison du contexte général, en particulier sur les plaintes", le centre hospitalier avait annoncé, "par mesure de précaution, suspendre la totalité de l'activité programmée chirurgicale".

"Nous avons décidé d’utiliser le principe de précaution, à savoir : suspendre pour le moment les opérations chirurgicales qui étaient programmées, réaliser une enquête interne pour demander aux praticiens hospitaliers de rendre compte de leur façon d’opérer les protocoles", avait déclaré Maître Frédéric Berna, avocat du centre hospitalier de Remiremont, "quand nous aurons réussi à faire remonter l’ensemble de ces informations, nous prendrons les décisions qui s’imposent si des décisions doivent être prises".

Plusieurs procédures sont déjà ouvertes sur des décès survenus dans cet hôpital : huit ouvertures d'informations et trois autres enquêtes préliminaires sont également en cours concernant des mises en danger et blessures involontaires. En début de semaine, les familles des victimes avaient organisé une conférence de presse pour dénoncer la lenteur de la justice et interpeller le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, afin d'obtenir des explications sur cette série décès.

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