Hôpital de Remiremont : le procureur de la République d'Epinal ouvre quatre informations judiciaires pour homicide involontaire

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cécile Boisson .

Après le dépôt de sept plaintes visant l'hôpital de Remiremont dans les Vosges, le procureur de la République d'Epinal annonce l'ouverture de quatre informations judiciaires pour homicide involontaire contre X. Plusieurs familles attendent des réponses sur la cause des décès de leurs proches. L'hôpital dénonce par la voix de son avocat un coup médiatique sans fondement.

Y a t-il eu des négligences à l'hôpital de Remiremont qui auraient pu causer la mort de plusieurs patients ? La question est posée par plusieurs familles dont les proches sont décédés à l'hôpital vosgien sans que la cause n'ait pu être connue à ce jour.

Nous ne tirons pas sur l'ambulance, nous cherchons la vérité

Nancy Risacher, avocate des parties civiles

Maître Nancy Risacher, avocate à Epinal, a reçu sept plaintes et une huitième est en cours : "des personnes sont venues nous trouver avec mes collègues avec des témoignages similaires et troublants. Nous avons pris la mesure de ces témoignages et nous pensons qu'il y a des éléments qui méritent investigation. Nous recherchons la vérité, contrairement à ce qui est dit par certains, nous ne tirons pas sur l'ambulance".

Les avocats de la partie civile jettent l'opprobre sur l'hôpital français dans une période déjà difficile

Frédéric Berna, avocat de l'hôpital de Remiremont

Maître Frédéric Berna, qui représente l'hôpital de Remiremont, estime que ces plaintes sont sans fondement : "les avocats de la partie civile veulent faire un coup médiatique, on sait très bien comment ça se passe. Là, on balance des plaintes et on fait du racolage. Ces gens jettent l'opprobre sur l'hôpital français dans une période déjà difficile pour le système de soin. Il y a déjà des process internes à l'hôpital qui montrent qu'il n'y a pas de fautes. S'il y a des investigations, on ira s'expliquer mais je saurai me retourner s'il n'y rien dans le dossier et je pense qu'il y a beaucoup de contre-vérités dans cette affaire".

Six informations judiciaires ouvertes

Interrogé samedi 21 janvier 2023 par l'AFP, Frédéric Nahon, procureur de la République d'Epinal, a indiqué avoir ouvert quatre informations judiciaires contre X pour homicide involontaire suite à des plaintes déposées par la famille des victimes contre le centre hospitalier d'Epinal. Deux autres procédures ont été ouvertes l'une "des chefs de blessures involontaire contre X" et l'autre,  "des chefs de recherche des causes de la mort". Le procureur indique également qu'après la réception d'une nouvelle plainte, l'ouverture d'une septième information judicaire est également probable.

Pour maître Risacher, c'est une satisfaction car le SRPJ de Nancy a été diligenté et des investigations vont être menées pour faire la lumière sur des décès jugés suspects : "des experts vont être nommés et l'enquête peut être longue mais nous estimons qu'elle sera nécessaire, il y a de vraies zones d'ombres dans ces dossiers. Nous ne sommes pas une bande complotiste et bien sûr que l'hôpital manque de moyen, nous ne le nions pas, mais nous soutenons un hôpital vosgien de qualité, pas un hôpital au rabais. S'il y a eu des dysfonctionnements, il faut les prendre en compte pour que cela ne se reproduise pas", insiste l'avocate qui pense que d'autres plaintes vont suivre.

Les proches des personnes décédées à l'hôpital de Remiremont sans qu'elles n'en connaissent la cause attendent beaucoup de cette procédure judiciaire. C'est le cas d'Angélique Souque qui a perdu sa maman en juillet 2022. Longuement interviewée par notre consœur de France 3 Vosges, Sophie Valsecchi, à la fin de l'année, elle décrit un véritable parcours du combattant pour l'accès au dossier de sa mère décédée suite à une opération du col du fémur. "Nous avons été méprisées et maltraitées" affirme celle qui vient de déposer les statuts d'une association "AJC pour elles".

Avec ces avancées dans la procédure Angélique Souque se dit soulagée ce lundi 23 janvier : "c'est une satisfaction car le procureur a jugé qu'il y avait matière pour ouvrir une information judiciaire, cela conforte notre conviction". Son objectif désormais, "fédérer toutes les familles concernées" avec lesquelles elle a déjà noué des contacts. 

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