Vosges : le diocèse lance un financement participatif pour faire face à la crise des dons

Alors que les lieux culturels sont en fronde contre la réouverture des églises, les catholiques lancent des appels pour faire face à la crise des dons. C’est le cas dans le Diocèse de Saint-Dié-des-Vosges en ce mois de décembre 2020.

Les fidèles sont présents mais les deniers manquent.
Les fidèles sont présents mais les deniers manquent. © Jean-Christophe Panek

En ce dimanche matin 13 décembre 2020, ils sont une petite centaine à suivre la messe en l’église de La Bresse. A l’entrée, le gel hydroalcoolique a remplacé l’eau bénite. Une rangée de bancs sur deux est condamnée. Et tout au long de l’allée centrale, des rubans adhésifs matérialisent le mètre de distance à respecter.
Malgré l’affluence, l’église est en crise. Le Diocèse de Saint-Dié a devancé la collecte nationale de la Conférence des évêques de France en lançant un financement participatif en ligne. La collecte en est déjà à près de 124 000 euros.
Michel Petitdemange, l’économe du diocèse explique : "cette année est plus que particulière. Elle touche beaucoup d’activités. La nôtre n’est pas épargnée compte tenu que l’on a eu que deux mois et demi d’activité normale et trois mois de fermeture."
Covid oblige, la quête ne se fait plus dans les allées mais à la sortie. Bernadette, une fidèle qui vient de déposer deux euros, raconte : "Il y a le denier de l’église, les rappels, la messe télévisée, il y a beaucoup d’occasion de donner...Il faut bien que l’église vive. Si les paroissiens ne donnent pas alors qui donnera ?"

Economies à prévoir

Avant que les messes ne soient autorisées à nouveau, l’Eglise catholique estime qu’elle a perdu 90 millions de dons, issus de la quête, des offrandes des messes et des revenus des cérémonies de baptêmes, mariages, funérailles. Ces dons représentent la moitié de ses ressources. Une baisse qui s’inscrit dans une tendance générale. En dix ans, le denier du culte a perdu 43% de ses donateurs. La foi ne fait plus recette.
À l’échelle des Vosges, 750 000 euros manquent pour faire vivre 81 prêtres répartis sur 46 paroisses. Pour Nancy ce serait près d'un million d'euros. Et une quinzaine de paroisses en France seraient dans une situation critique.
"Ce qui me touche beaucoup c’est moins les montants que la baisse du nombre de donateurs. Le denier de l’église c’est cette contribution volontaire annuelle que les fidèles font en fonction de leurs ressources. C’est un indicateur très important de la fidélité des chrétiens à la vie de l’église. Et là on en est à 7000 donateurs au lieu de 10000", explique Didier Berthet, l’Évêque de Saint-Dié. Des inquiétudes sérieuses que l’évêque tempère de suite par son volontarisme: "mais on va donner un bon coup de reins…dans cette période de confinement, il y a un peu tout qui se délite. On a besoin de se réveiller, de reprendre contact."

Le gel hydroalcoolique a remplacé l'eau bénite.
Le gel hydroalcoolique a remplacé l'eau bénite. © Jean-Christophe Panek

 

Eglise dématérialisée

Une église catholique qui se met aussi au virtuel. Les Vosges ont été les premières en 2001 à lancer les dons en ligne.
La nouveauté cette année c'est qu'on peut même donner par texto. Sur le site internet du diocèse vous pouvez également déposer vos intentions de prière en ligne. L’évêque et le vicaire général assurent qu’ils les "porteront" lors de leur messes quotidiennes privées. Finalement, les voies du seigneur peuvent aussi être dématérialisées.

 

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