Vosges: inquiétude et incertitude pour les producteurs d’escargots

Les fêtes de fin d’année représentent 80% de leur chiffre d’affaires. Les producteurs d’escargots sont inquiets pour l’avenir de leurs exploitations. Pourront-ils écouler leurs productions 2020 ? Avec la crise sanitaire et les mesures de confinement, l’incertitude est pesante.
200 000 escargots par an sont élévés à la ferme aux "Escargots de la Molière" dans les Vosges.
200 000 escargots par an sont élévés à la ferme aux "Escargots de la Molière" dans les Vosges. © Laura Poli, France 3 Lorraine
Ils attendent avec impatience les nouvelles annonces du président de la République, ce mardi 24 novembre 2020.  Les héliciculteurs comptent sur les fêtes de fin d’année pour pouvoir écouler leurs productions d’escargots. Avec la crise de coronavirus, les grandes tablées risquent d’être interdites ce qui va compromettre toute une année de travail. 

Noël: une période primordiale 

A Grimont Val-d’Ajol, Larissa est hélicicultrice depuis trois ans. Dans un parc de 800 m², elle élève tous les ans 200 000 escargots. La période de Noël est la plus importante pour son activité.

"Je fais 80 % de mon chiffre d’affaires annuel autour des fêtes de fin d’année. Les autres 20 %, je l’ai fait pour Pâques mais comme cette année nous n’avons pas pu le fêter avec la crise sanitaire, je suis déjà en perte", nous explique Larissa Manens, hélicicultrice. 
 
Larissa Manens, productrice d'escargots dans son atelier.
Larissa Manens, productrice d'escargots dans son atelier. © Eric Bertrand - France Télévisions.

D’habitude Larissa vend sa production sur les marchés de Noël, mais cette année ils étaient tous annulés. Une situation compliquée qui la pousse à développer la vente à distance. 

"Pour l’instant, je démarre doucement, j’ai une commande par semaine", ajoute la jeune femme.

L’escargot : un produit festif

Escargots au beurre ou au comté, Larissa continue à préparer ses recettes. Chaque semaine 240 barquettes de 12 sont surgelées dans l'espoir d'être bientôt vendues. 

"L’escargot n'est pas un produit de première nécessité, c’est plutôt un produit de luxe. La situation est difficile pour moi mais elle est difficile également pour tous les Français. Beaucoup n’ont pas le moral pour faire la fête. Et puis, si les réunions en famille sont interdites, ça sera encore plus compliqué pour moi", nous confie l'hélicicultrice vosgienne.
 
Le parc d'escargots de Larissa Manens.
Le parc d'escargots de Larissa Manens. © Eric Bertrand - France Télévisions.

Aucune aide gouvernementale

En France, on compte 400 héliciculteurs. Ces trois dernières années, ils subissent des conditions climatiques difficiles, avec la sécheresse et la canicule. Mais leurs exploitations ne rentrent pas dans le dispositif de la PAC et ils ne bénéficient pas non plus des aides gouvernementales liées à la crise sanitaire.
 
Les producteurs d’escargots ont adressé une lettre au premier ministre, au ministre de l’agriculture et au ministre de l’économie pour les alerter sur les difficultés qu’ils affrontent en ce moment. Ils espèrent pouvoir bénéficier du dispositif d’aide Covid déjà existant, au même titre que les producteurs de foie gras par exemple.
 
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