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Boulogne-sur-Mer : le port toujours leader, mais sous tension

Le débarquement du poisson dans le port de Boulogne-sur-Mer / © MAXPP
Le débarquement du poisson dans le port de Boulogne-sur-Mer / © MAXPP

Premier port de pêche de France pour le tonnage, mais aussi en valeur bien que talonné sur ce plan par les ports bretons, Boulogne-sur-Mer doit, s'il veut rester en tête, à la fois surmonter des tensions de longue date entre pêcheurs et garantir son approvisionnement.

Par Avec AFP

En février, la criée était morose après un conflit entre les pêcheurs locaux et les senneurs néerlandais, ces bateaux aux filets longs de plus d'un kilomètre qui ratissent un peu trop les fonds de la Manche au goût des Boulonnais en ces temps de diminution de la ressource halieutique.

Au même moment, le classement des criées françaises montrait qu'en 2012, Boulogne avait pourtant mis un terme à la baisse continue de sa pêche: 36.096 tonnes, soit une petite hausse de 1,6% par rapport à l'année précédente, mais un recul d'encore 18% par rapport à 2006 (43.952 tonnes).

Et si Boulogne devance Lorient (26.947 tonnes), il est talonné par le port breton en valeur: 76,132 millions d'euros dégagés, contre 74,814 millions. "Le climat est serein à l'heure où je vous parle", rassure Wulfran Despicht, vice-président du conseil régional Nord/Pas-de-Calais en charge de la Mer.


"Les Hollandais reviennent

Les vieilles tensions en mer s'étaient échouées sur le rivage. Les chalutiers boulonnais avaient finalement décidé de bloquer l'entrée du port pendant plusieurs jours aux étrangers, avant qu'un accord soit trouvé sur les lieux et les durées d'accostage des bateaux étrangers.

"Quand ils sont arrivés ils étaient raisonnables, avec des navires dimensionnés à la Manche. Mais ils ont développé le nombre, la longueur des navires", se remémore Bruno Dachicourt, secrétaire général du syndicat national des marins-pêcheurs CFTC.

"Les entreprises se transmettaient de père en fils, l'intérêt était de protéger la ressource. Ces flottilles-là ont une vision plus orientée vers le profit, à court terme", déplore-t-il, soulignant la force de la flottille artisanale, environ 250 navires sur la région.

Aymeric Chrzan, secrétaire général du syndicat des mareyeurs, prêche de son côté pour la mise en place d'études et de réglementations. "Ces bateaux de toute façon continueront d'explorer la zone, la seule différence c'est que le poisson ira profiter à un autre port, peut-être pas français", estime-t-il.



5000 emplois

Pour la pêche dans la Manche, il faut voir avec l'Europe. Le ministre concerné, Frédéric Cuvillier, originaire de Boulogne-sur-Mer, a demandé la mise en place d'un groupe de travail sur la gestion des pêches en Manche avec ses homologues britannique, belge et néerlandais. "La préservation de la ressource halieutique est une priorité, autant que la cohabitation, en mer comme dans le port", écrit en février le ministre sur son blog.

L'avenir du port, c'est aussi l'avenir de 5.000 emplois de l'agglomération boulonnaise qui dépendent de l'industrie de transformation du poisson, même si aujourd'hui 80% de la matière première arrive par la route, selon Wulfran Despicht.

Dans un communiqué en marge du conflit, le 17 février, les mareyeurs dénonçaient un port "qui accumule les pertes depuis plusieurs années en raison de la baisse d'activité du port de pêche et de l'absence d'autres trafics, commerce et voyageurs, malgré les dizaines de millions d'argent public investis dans de nouveaux équipements".

La région veut maintenant s'appuyer sur sa plateforme d'entreprises de transformation, dénommée "Capécure", pour "sécuriser l'approvisionnement du poisson", dit M. Despicht, notamment en développant une filière aquaculture comme au Danemark ou au Pays-Bas.

Une plateforme d'innovation de recherche et une ferme expérimentale sont en plus en développement. "Dans les cartons aujourd'hui il y a deux ou trois projets dont un porté par la coopérative maritime d'Etaples. Les pêcheurs eux-mêmes se rendent compte qu'ils ont besoin d'activités complémentaires pour pouvoir continuer", souligne Wulfran Despicht.

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