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La Redoute : une vente à contresens ?

L'inquiétude se lit sur les visages des salariés de La Redoute, le 7 novembre 2013 lors de leur grande manifestation à Lille. / © MAXPPP
L'inquiétude se lit sur les visages des salariés de La Redoute, le 7 novembre 2013 lors de leur grande manifestation à Lille. / © MAXPPP

Alors que la Maire de Lille et présidente de Lille Métropole se rend à Paris ce mardi pour y rencontrer François-Henri Pinault, grand patron du groupe Kering, explication du processus en cours.

Par Jean-Louis Manand

"La vente de La Redoute, on la redoute". Elle a raison de s’inquiéter cette jeune employée du siège roubaisien de l’entreprise de VAD venue manifester à Lille contre les 700 licenciements. Car cette vente, c’est l’opération de tous les dangers.

D’abord, il faut bien s’entendre sur les mots. En ce qui concerne La Redoute, il s’agit d’une « vente inversée ». Comprenez : ce n’est pas le repreneur qui va donner de l’argent au propriétaire (c'est-à-dire Kering-exPPR) pour acheter La Redoute, c’est le propriétaire qui va faire un chèque de plusieurs centaines de millions d’euros pour que le repreneur consente à lui reprendre son entreprise !

Difficile à comprendre pour le commun des mortels qui reçoit rarement de l’argent quand il passe à la caisse… Dans le cas de La Redoute, on parle d’une somme de 200 à 600 milllions d’euros que le groupe de François-Henri Pinault devra verser pour concrétiser la vente son entreprise en difficulté.

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Et qui est susceptible d’acheter ?  Deux candidats, un Français et un Anglais

Le français, c’est la foncière « Altarea-Cogedim » basée à Paris : une société solide qui s’est fait un nom dans l’immobilier, les centres commerciaux, le tertiaire, le logement… et le e-commerce. Son chiffre d’affaires pour 2013 dépasse les mille millions. Pour la presse économique, Altarea-Cogedim (qui a racheté récemment le site "Rue du commerce") est le favori, le repreneur avec qui les discussions sont les plus avancées.

L’anglais, c’est le fonds d’investissement « Op Capita », basé à Londres. Sa spécialité, c’est le rachat et le redressement d’entreprises en difficulté. Les syndicats du "vépéciste" roubaisien en ont peur et pour cause : en 2012, Op Capita rachète pour deux livres-sterling (2,40 euros !) la chaine de magasins « Comet », l’équivalent des magasins Darty en Angleterre ; et en quelques mois, les 240 points de vente sont fermés et les 6500 salariés sont licenciés.


Un précédent

L’autre sujet d’inquiétude , c’est l’attitude du groupe Kering dans le processus de vente. Dans le Nord, personne n’a oublié le triste sort de « Surcouf ». On est en 2009. PPR – qui a commencé à se séparer de ses activités de distribution pour se recentrer sur le luxe – veut au plus vite se débarrasser de sa chaîne de magasins Surcouf, spécialisés dans l’informatique.

PPR n’a qu’un repreneur, le jeune nordiste Hugues Mulliez . Ce n’est pas l’élément le plus brillant de la dynastie Mulliez mais peu importe, Pinault est trop content de lui céder l’affaire pour l’euro symbolique. La suite est un management malheureux qui va conduire le Tribunal de Commerce de Lille le 10 octobre 2012 à prononcer la liquidation.

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