Dans l'Aisne, un jeune ébéniste fabrique des meubles écoresponsables à base de résidus issus de la production de bière

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Écrit par Eline Erzilbengoa avec Rémi Vivenot
Franck Grossel créateur d'une gamme de meubles à base de résidus issus de la production de bière.
Franck Grossel créateur d'une gamme de meubles à base de résidus issus de la production de bière. © Éric Henry / FTV

À Vendeuil dans l'Aisne, un ébéniste-designer s'est lancé dans la fabrication de meubles à base de céréales issues de la production de bière. En association avec des industriels, il a conçu une nouvelle matière qui remplace le bois.

Dans son local, à Vendeuil dans l'Aisne, Franck Grossel déballe les premiers tabourets destinés à être commercialisés. Une gamme de 170 pièces un peu particulière puisque leur assise représente 6 litres de bière revalorisée. 

Après 3 années de travail, l'idée de ce jeune ébéniste se concrétise enfin. Ici le bois a été remplacé par des céréales agglomérées, un résidu de production de la bière que l'on appelle la drèche. "Grâce au sucre résiduel issu du brassage, on obtient une agglomération naturelle par le phénomène de caramélisation, explique Franck Grossel. Et nous on rajoute seulement 2% de gluant pour faire accélérer ce processus, avoir une pièce résistante, durable et surtout imperméable. Au final la pièce est fabriquée à 98% de drèche de brasserie."

"Les brasseurs paient pour s'en débarrasser"

Pour la fabrication, l'ébéniste a fait appel a une entreprise de l'Aveyron qui réalise le séchage et le moulage de la matière. La drèche, au lieu de finir à la poubelle, est ainsi revalorisée. "La majorité des drèches de brasserie sont données pour l'alimentation animale quand c'est possible, mais quand ça ne l'est pas, les brasseurs paient pour s'en débarrasser, affirme Franck Grossel. Donc nous l'idée, c'est de prendre cette partie-là qui n'est pas ou peu revalorisée et de créer une toute autre valeur."

Grâce à son idée, qui a germé durant ses études au lycée de l'ameublement de Saint-Quentin et à l'école de design de Nantes, cet ébéniste de 28 ans a pu fonder son entreprise. Il développe aujourd'hui un concept en adéquation avec ses convictions. "J'ai travaillé dans des ébénisteries où ce n'était pas du tout écoresponsable, ni centré sur les enjeux de demain. J'ai donc voulu créer cette passerelle entre mon métier traditionnel et quelque chose de plus durable."

Les premières livraisons de tabourets vendus 189 euros sont en cours. Le jeune chef d'entreprise espère pouvoir bientôt embaucher un salarié et devrait décliner bientôt son idée sur d'autres meubles.

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