Début des vendanges dans le sud de l'Aisne : une récolte limitée mais de qualité

Les vendanges de champagne ont débuté lundi 24 août dans le sud de l'Aisne. Une édition qui fait partie des plus précoces jamais connues. Si la quantité reste limitée, la qualité du raisin est au rendez-vous.
Les grappes de raisin particulièrement belles cette année dans le sud de l'Aisne
Les grappes de raisin particulièrement belles cette année dans le sud de l'Aisne © Martin Lavielle / FTV
Cette saison des vendanges restera à coup sûr dans les annales. Dans le sud de l'Aisne, la récolte se fait habituellement en septembre. Cette année, grâce à l'ensoleillement, c'est avec une dizaine de jours d'avance que les premières grappes ont été coupées. C'est presque du jamais vu.

À Saulchery, depuis lundi 24 août, les cueilleurs s'activent. Le masque est ici obligatoire. Avec l'épidémie de Covid-19, il faut aussi veiller à la sécurité des saisonniers. "C'est physique, surtout avec le masque, mais bon c'est sympa, on a du soleil et il y a une bonne équipe", nous confie une vendangeuse.
 
Si les grappes sont peu nombreuses, elles sont en revanche très belles. "Regardez, le raisin est magnifique, je pense que c'est une belle année millésime", estime une autre cueilleuse. 

Une année en demie-teinte

Après une saison marquée par l'épidémie de coronavirus, ce résultat rassure Laurent Pierre, viticulteur. "C'est la bonne chose de l'année 2020", lance-t-il. Ceci étant, le marché du champagne reste en berne. Pour résister, le quota de production a été limité à 8000 kg à l'hectare. Pour Laurent Pierre, c'est insuffisant pour assurer l'avenir de son exploitation. "Je me fais du souci, surtout pour les petites entreprises, cela risque d'être difficile. Avec les quotas, on n"aura pas assez de bénéfices pour pouvoir investir dans du matériel, des nouvelles technologies ou la rénovation des bâtiments. On va donc être obligés de stopper les investissements l'an prochain. On en est là", déplore-t-il. 

Si cette année reste compliquée pour la profession, Daniel Fallet, vice-président du syndicat général des vignerons, reste confiant. "Je pense que certains vont pouvoir sélectionner à l'intérieur de leur vignoble le plus haut de leur qualité. Bien sûr cela va impacter les revenus, mais je pense qu'il y a des moments où il va falloir faire des efforts quand il y a une incidence sur les ventes."

Le champagne issu de la récolte cette année sera commercialisable dans 3 ans. D'ici là, chacun espère que la crise sera passée.
 
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