Face au réchauffement climatique, de nouvelles essences d'arbres plus résistantes à la sécheresse sont plantées dans les forêts de l'Aisne

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Écrit par Camille Di Crescenzo avec Anthony Halpern

En Picardie, comme partout en France, les forêts sont menacées à cause du réchauffement climatique. Pour leur sauvegarde, les agents de l'Office national des forêts plantent de nouvelles essences d'arbres plus résistantes à la chaleur comme le cèdre de l'Atlas et le pin laricio.

Selon l'Office national des forêts (ONF), l'impact du réchauffement climatique sur les forêts est identifié depuis les années 90. Depuis 2018, les sécheresses successives provoquent une accélération des phénomènes de dépérissement sur les arbres adultes et d'importants échecs de renouvellement forestier.

Encore cette année, seuls 280 millimètres d'eau sont tombés à Villers-Cotterêts contre 400 à 500 d'ordinaire.

Le hêtre, première victime de la sécheresse

Face aux épisodes répétés de fortes chaleurs, la forêt souffre. Les effets de la sécheresse se font sentir en particulier sur le hêtre, qui représente à lui seul, 80 % de la végétation. "Les hêtres sont directement menacés, s'inquiète Lysian Lefèvre, technicien forestier territorial à l'ONF. Ils réagissent très fortement au stress hydrique. C'est une essence forestière qui a une écorce très fine donc il est comme nous, assujetti aux coups de soleil. Il a son écorce qui brûle, ce qui lui provoque des décollements d'écorce, ainsi que des nécroses qui peuvent être préjudiciables pour sa survie."

Avec le réchauffement climatique, le hêtre est voué à disparaître d'ici 2050. Pour anticiper la catastrophe, l'ONF tente d'implanter de nouvelles essences plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse.

"Pour renouveler la forêt, nous misons sur la diversité des essences et des techniques, à la fois issues des processus naturels, mais aussi par plantations d’essences plus résistantes et moins gourmandes en eau, précise Bertrand Wimmers, directeur de l'agence Picardie, sur le site de l'ONF. Cela combine à la fois les solutions fondées sur la nature en nous appuyant sur le mélange des essences locales, la migration assistée par plantation d'espèces et d'origines méridionales et des tests de nouvelles espèces provenant d'autres pays."

Des conifères à la place des hêtres

Ainsi, à Villers-Cotterêts, 45 000 plants ont été introduits en 2021. "Là, on a décidé de mettre des pins laricio et des cèdres de l'Atlas, explique Lysian Lefèvre. C'est une essence tout à fait nouvelle. Dans les années à venir, on verra comment elle se conduira. L'implantation de nouvelles essences se fait avec énormément de réflexion. La pression de la faune sur ces nouvelles essences pour l'instant ne nous est pas inconnue, mais on y va avec précaution."

Étudié de près par l'INRA et l'ONF, le cèdre de l'Atlas est originaire du Maroc et présente de nombreux atouts. Il résiste à des températures froides ou chaudes, mais peut aussi subir le manque d'eau. 

Un enjeu économique

À ces facteurs environnementaux, s'ajoute l'enjeu économique. "Il y a aussi tout le contexte sociétal et économique qu'il y aura derrière puisque tous ces produits et ces plants qu'on met actuellement, il faudra trouver des débouchés pour la production de ces bois."

Une nouvelle expérimentation de 65 000 plants sera menée cet automne, avec un seul objectif : la sauvegarde de nos forêts.

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