La seule permanence en langue des signes dédiée aux personnes sourdes et malentendantes créée par la police municipale de Saint-Quentin

La police municipale de Saint-Quentin, dans l’Aisne, a mis en place une permanence en langue des signes pour répondre aux demandes des personnes sourdes et malentendantes. Le service, ouvert le 7 juin dernier, est une première pour une police municipale sur le territoire national.

C'est une première en France. La police municipale de Saint-Quentin a inauguré une permanence accueillant les personnes sourdes et malentendantes, le 7 juin dernier.

L’idée remonte à 2021, lors des interventions de Nicolas Dewerdt et de Clémence Bendier, auprès des élèves de primaires. "Quand on est intervenu dans une des écoles, on a fait face à la barrière de la langue", décrit le responsable de la brigade de prévention à la police municipale. Les deux agents ont dû se débrouiller par des mimes. Devant la quasi-impossibilité de communiquer avec les élèves sourds et malentendants, sans AESH (Accompagnants des élèves en situation de handicap), ils ont décidé de suivre une formation en langue des signes française. Deux ans après cet épisode, ils vont être diplômés, en décembre prochain.

La permanence ouverte tous les mercredis après-midi

En parallèle de leur apprentissage, les deux policiers ont mené la création d’un service spécifique au sein de la police municipale auprès de ce public. "Elles n’ont personne vers qui se tourner quand elles ont un problème, on a donc décidé de leur tendre la main", témoigne Nicolas Dewerdt. "Quand une personne sourde a voulu déposer plainte pour un problème grave, c’est déjà arrivé que ma collègue l'accompagne au commissariat parce que là-bas, ils n’ont personne qui sait signer."

La permanence est ouverte tous les mercredis après-midi de 14h à 17h, à la police municipale de Saint-Quentin. Les personnes peuvent également venir en dehors de ces horaires. Les deux policiers ont formé les agents d’accueil aux bases de la langue des signes. "Les personnes laissent les renseignements à la personne de l’accueil. Puis, on les recontacte après", précise-t-il. "Ça démarre tout doucement. On a dû avoir sept ou huit personnes qui ont fait la démarche de venir pour des problèmes divers et variés."

Cette démarche professionnelle a donné l'envie à Clémence Bendier d'aller plus loin. Elle a créé l’association Écoute les signes, afin de ne pas laisser les personnes sourdes et malentendantes isolées. Des cafés signes sont organisés dans la ville. Ainsi, des lieux de rencontres entre sourds et entendants se forment, et ces derniers sont initiés à la langue des signes.