Vendanges : pour lutter contre le vol de raisins, la garde républicaine surveille les vignes dans l'Aisne

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Écrit par Romane Idres avec Narjis El Asraoui

À l'heure des vendanges, la garde républicaine est mise à contribution pour sécuriser les parcelles des vignerons dans le sud de l'Aisne.

Des gendarmes à cheval en plein milieu des vignes... Dans la Marne, c'est chose habituelle en période de vendanges, mais dans l'Aisne, c'est une première. La garde républicaine patrouille quotidiennement pendant la période de récolte du raisin. 

Avec une population qui augmente de 10 à 15 000 personnes pendant deux semaines, le vignoble champenois change de visage à cette période. "Les vendanges, c'est une activité économique très importante dans le sud du département, et ça fait plusieurs années qu'on travaille sur une manière de mieux sécuriser les actions de vendanges qui se déroulent sur une période très courte, mais durant lesquels on peut avoir des actes de délinquance", explique le colonel Isabelle, commandant de la gendarmerie de l'Aisne. 

Protéger le raisin le plus cher du monde

L'objectif principal est de lutter contre le vol de raisins, un phénomène que craignent les professionnels du secteur. "Pour un vigneron, c'est le travail de l'année qui disparaît quand il se fait voler du raisin. Le raisin de champagne, c'est le raisin le plus cher du monde, entre six et dix euros le kilo. Pour faire un kilo, il faut cinq grappes. Imaginez le préjudice qu'il peut y avoir quand on se fait voler la moitié de sa récolte. C'est autant de revenus que le viticulteur n'aura pas pendant l'année qui suit", précise Jean-Noël Pfaff, directeur général de la Coopérative vinicole de la vallée de la Marne (Covama).

La présence de ces cavaliers a pour but premier de dissuader et de faire de la prévention autour de ces actes de délinquance, mais ils sont en mesure d'intervenir s'ils constatent des faits délictueux. "Ça peut être des vols de raisin, mais aussi des querelles entre vendangeurs, du travail dissimulé ou un vol de véhicule, ajoute l'adjudant Bouron, cavalier de la garde républicaine. C'est un terrain approprié pour les chevaux, parce que nous sommes en pleine nature, et il y a des chemins où nous ne pouvons pas accéder en 4x4, donc nous utilisons les chevaux, qui sont un moyen écologique et naturel.

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L'adjudant Bouron, du premier escadron du régiment de cavalerie de la garde républicaine, parle de sa mission dans les vignes. ©Narjis El Asraoui et Lucie Martin / FTV

Un dispositif plébiscité

En hauteur sur leur monture, les gendarmes voient loin et sont vus de loin. Une présence rassurante pour les professionnels de la vigne, et dissuasive pour d'éventuels délinquants. "Le cheval est attrayant, donc les gens viennent vers nous, mais nous avons aussi un côté imposant."

D'après le colonel Isabelle, ce dispositif a déjà prouvé son efficacité dans la Marne, et satisfait toutes les personnes concernées. "C'est un succès à tous égards : les cavaliers sont contents de cette mission un peu hors norme et un peu originale par rapport à ce qu'ils font d'habitude, estime-t-il. Les vendangeurs et les viticulteurs sont aussi extrêmement contents, et en termes d'efficacité de surveillance, c'est parfait ! Pour l'instant, nous n'avons eu aucune difficulté, aucun problème, et aucun vol.

La gendarmerie et les vignerons envisagent déjà de reconduire l'opération l'année prochaine. 

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