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Attentats du 13-Novembre : qui étaient les victimes des Hauts-de-France ?

Le 13 novembre 2015, les attaques au Stade de France, contre le Bataclan et des terrasses de cafés parisiens ont fait 130 morts et plus de 400 blessés. Parmi eux, plusieurs victimes étaient originaires des Hauts-de-France.

Par France 3 Hauts-de-France

Nathalie Jardin, Marcquoise de 31 ans.


Nathalie Jardin, 31 ans, originaire de Marcq-en-Barœul, près de Lille, faisait partie de l’équipe des techniciens du Bataclan depuis 2011, lorsqu'elle a débarqué dans la capitale. Mais le 13 novembre, elle était au bataclan sur son temps libre. Elle souhaitait simplement "assister au concert et voir ses amis dans ce lieu où elle était comme à la maison", selon l’une de ses proches du milieu musical interrogée par Le Monde.

L'un de ses confrères éclairagistes, Jocelyn Morel, la décrit dans le journal en ligne SoundLightUp comme une "remarquable professionnelle, dynamique et efficace", était aussi "pétillante, sympathique, gentille, disponible, sincère, à l’écoute et proche de ses collègues".

Après quatre années à Paris, cette jeune Nordiste s’apprêtait à commencer une nouvelle vie à Grenoble, où elle venait d’être engagée à la salle La Belle Electrique. Elle y avait, là aussi, "plein d’amis".
 

Maxime Guichard, étudiant amiénois

J'entendais les balles le traverser, son sang coulait sur moi


Maxime Guichard avait 20 ans. Étudiant à l'IUT d'Amiens en commerce et gestion, il avait été invité au concert des Eagles of Death Metal vendredi soir au Bataclan pour fêter son BTS et le bac d'un copain de 18 ans. Il était dans la fosse, devant la scène lorsque les premiers coups de feu ont retenti...
"On s'est pas rendu compte sur le moment, au début on a pensé que c'était des pétards, que ça faisait partie du spectacle. Et j'ai aperçu trois mecs armés avec gilet pare-balle, kalachnikov, explosifs, ils ont tiré par rafales au hasard. Ensuite ils sont monté à l'étage, et tout ceux qui essayaient de s'enfuir se sont pris des balles. Quand on a réussi à s'enfuir, on sait qu'il y a eu des grenades lancées dans la foule. On a dû marcher sur des cadavres pour prendre les escaliers, il y a avait une trentaine de corps. Quand j'étais dans la fosse, c'est un homme qui était à côté de moi qui a pris les balles à ma place. J'entendais les balles le traverser, son sang coulait sur moi."
 

Sébastien Proisy, expert en intelligence économique de 38 ans

Natif de Valenciennes, Sébastien Proisy avait vécu aux Etats-Unis puis en région parisienne mais comptait encore de la famille à Hasnon. Diplômé de Sciences Po, il était expert en intelligence économique et avait travaillé pour la Commission Européenne et Airbus. Il se trouvait dans l'un des restaurants mitraillés par les terroristes. Il dînait en compagnie de clients et était sorti à l'extérieur pour accompagner un fumeur quand une balle l'a atteint dans le dos.


Ludovic Boumbas, mort en essayant de protéger une femme

D'origine congolaise, Ludovic Boumbas avait 40 ans. Il avait grandi et vécu à Lille. Ce fan du LOSC a joué au foot dans le petit club amateur du Crystal Club de Paris, comme attaquant. Il travaillait chez le transporteur Fedex et vivait dans la capitale. Le 13 novembre 2013, il assistait à l'anniversaire d'une amie, Houda Saadi (décédée elle aussi), au bar La Belle Equipe, rue de Charonne, quand les terroristes ont ouvert le feu. Selon un de ses amis interrogé par un journal anglais, "Ludo" est mort en essayant de protéger une femme qui a survécu.
 

François-Xavier Prévost, oiginaire de Lambersart


François-Xavier Prévost travaillait à Lille pour l'agence de publicité LocalMedia, après plusieurs années passées chez Havas en région parisienne. Ses parents tenaient une brasserie en face de la gare Lille-Flandres. Il était diplômé de l'Institut Supérieur de Commerce International de Dunkerque-Côte d'Opale, aimait le tennis et avait participé au 4L Trophy en 2009. Il y a 5 ans, "Fixou" a été tué alors qu'il assistait au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan avec deux amis qui, eux, ont réussi à s'échapper. Aux Etats-Unis, l'Université internationale de North Texas, où il avait effectué des études en 2007, lui avait alors rendu hommage. 

Thomas Ayad, victime amiénoise

Thomas Ayad, 32 ans, originaire d'Amiens, avait prévu de se rendre au concert des Eagles of Death Metal avec des amis, le soir du 13 novembre 2015. Il est mort sous les balles des terroristes, à la terrasse du Café Bataclan.

Thomas travaillait pour Mercury Records. Fou de musique, il baignait dans le milieu culturel et avait déménagé à Paris pour le travail. Quand il était plus jeune, il allait régulièrement voir des concerts avec son père, qui travaille au Conseil général de la Somme. Le guitariste des Rolling Stones, Keith Richard, ainsi que Justin Bieber, lui ont rendu hommage sur internet. 
 

En Picardie, il n'a pas été oublié. Ses amis de Sup de Co d'Amiens, où il a fait ses études, se souviennent aujourd'hui. Tout comme ses co-équipiers de l'équipe de hockey sur gazon d'Amiens, où il évolué pendant plusieurs années. Une minute de silence a ainsi été tenue ce matin, entre les matchs. 
 

Guillaume Barreau-Decherf, journaliste musical


Guillaume Barreau-Decherf avait 43 ans. Il avait grandi en région parisienne et fait des études à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. Il comptait encore de nombreux amis dans la région. Fan de musique metal depuis sa jeunesse, il avait travaillé pour Libération, Hard Rock Magazine, Rolling Stones, Metro et les Inrocks. C'est pour cet hebdomadaire qu'il assistait, vendredi 13 novembre 2013, au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Guillaume Barreau-Decherf avait deux petites filles. Sa compagne, Carine, est une de nos collègues de la rédaction nationale de France 3.

Justine Moulin n'a pas survécu à ses blessures

Justine Moulin vivait en région parisienne mais rendait souvent visite à ses grands-parents à Nieppe. Elle était étudiante à la SKEMA Business School, une école de commerce parisienne. Elle dînait avec des amis sur la terrasse chauffée du restaurant le Petit Cambodge mitraillé par les terroristes le soir du 13 novembre. Hospitalisée dans un état critique, elle n'avait pas survécu à ses blessures.
 

"Marc", rescapé valenciennois 

Cet habitant du Valenciennois, a vécu la nuit d'horreur du 13 novembre, dans la salle du Bataclan. Un an après, il est retourné à Paris, ce samedi, prendre un verre à quelques mètres de la salle de spectacle, mais il n'a pas été voir le concert de Sting.

Dans un témoignage que nous avions recueillis en 2016, Marc (c'est un surnom) dit être devenu "hypervigilant". Le moindre bruit sourd, "le claquement d'un ballon, c'est terrible", on fait "un bond, on a une suée pendant une vingtaine de minutes". Il explique.  "On allait à un concert...on était détendu et c'est là que c'est arrivé quand, on ne s'y attendait pas"... Alors maintenant, il y pense à n'importe quel moment. 

Aujourd'hui, il est très actif dans l'association "Live for Paris", constituée de rescapés. Quand ils se retrouvent, "ce n'est pas mortifère, c'est la vie", explique-t-il. Si son entourage est particulièrement compréhensif, certains s'entendent dire qu'il "faut tourner la page", "aller de l'avant", mais "ce n'est pas possible". 
 


Isabelle Merlin, originaire d'Equihen-Plage

Isabelle Merlin avait 44 ans et fait partie des 90 personnes, qui ont péri au Bataclan le 13 novembre 2015. Originaire d'Equihen-Plage,  près de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), elle était touche à tout, célibataire, ingénieur en région parisienne, Isabelle multipliait les qualités et c'est ce qui restera pour ses proches, qui avaient accepté de témoigner sur notre site, un an après le drame.

Dans un portrait écrit par Le Monde, on apprend que "la musique était sa grande affaire. Le classique, petite. Puis le reste, de la salsa au rock, du jazz à la samba. Après un voyage professionnel au Brésil, cette grande voyageuse avait appris le portugais, intégré une batucada [orchestre de percussions]avec laquelle elle avait participé au carnaval de Rio".
 

Les attaques du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés, ont eux eu des répercussions bien au-delà du premier cercle. En France, 18% de la population exposée aux attentats de janvier 2015 souffraient d'ESPT et 20% de troubles dépressifs ou anxieux, selon des enquêtes menées 6 et 18 mois après les faits auprès de 190 civils (otages, blessés, témoins, proches des victimes).

53% d'entre eux ont reçu une aide psychologique dans les 48 heures, mais l'étude note "un défaut de prise en charge" et préconise, "dans la mesure où les troubles de santé mentale touchaient 40% des personnes impactées" d'étendre à tous l'aide psychologique.

Ariane Theiller, 24 ans

Ariane Theiller avait vécu à Gondecourt où son père travaillait comme principal au collège Hergé. Passionnée de bande-dessinée, elle avait décroché un master édition à l'Université de Strasbourg. Elle avait effectué un premier stage aux éditions du Père Castor, chez Flammarion, avant de travailler pour Urban Comics chez Dargaud. Elle assistait au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan quand les terroristes ont ouvert le feu. 

Un hommage trois ans après


Trois ans après, un hommage national est rendu ce mardi matin aux victimes des attaques du 13 novembre 2015 avec un cortège qui reliera les six lieux des attentats jihadistes les plus meurtriers commis en France, de Saint-Denis à Paris.

Un cortège est parti du Stade de France, au nord de Paris, où trois premiers jihadistes s'étaient fait exploser, tuant une personne et faisant des dizaines de blessés, atteints par les projectiles contenus dans leurs ceintures explosives.

Le cortège a rallié peu après 9h30 les terrasses des bars et restaurants parisiens visées par les fusillades, où 39 personnes ont trouvé la mort: le Carillon et le Petit Cambodge, la Bonne Bière, le Comptoir Voltaire - où un jihadiste s'était fait exploser - et enfin, la Belle équipe.

Le parcours s'achèvera à 11h00 devant le Bataclan, la salle de concerts du 11e arrondissement où 90 personnes ont été assassinées.
 

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