Auchan a aussi vendu des produits Lactalis malgré le rappel en vigueur

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Écrit par Emmanuel Magdelaine
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52 produits Lactalis ont été vendus par Auchan après la date de rappel. 

Après Leclerc, Auchan. Selon Le Figaro, l'enseigne nordiste a elle aussi vendu des boîtes de lait infantile rappelées par Lactalis. Auchan a vendu des boîtes de lait produites dans l'usine Lactalis de Mayenne après le dernier rappel du géant laitier le 21 décembre dernier.

52 boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées de ses rayons en raison d'une contamination aux salmonelles ont été vendues chez Auchan, selon un communiqué. "Malgré le retrait effectif de 36.000 produits, 52 produits supplémentaires  - des boîtes de lait infantile - ont échappé à la vigilance de nos équipes et ont été vendus après la date du rappel sur 28 magasins (hypermarchés et supermarchés)", écrit Auchan, qui se dit "consterné et présente ses excuses pour ces erreurs subies par ses clients". 

Le 2 janvier dernier, "un magasin a reçu une livraison comprenant des références concernées par le rappel du 21 décembre. Suite à cette anomalie, Auchan Retail France a lancé un audit approfondi de la situation dans chacun de ses magasins afin de vérifier la parfaite application de la procédure de rappel", explique le groupe. 

Un numéro vert


"Des clients ont d'ores et déjà été informés permettant le rappel des produits incriminés, les derniers clients sont en train d'être identifiés et contactés. Le numéro consommateurs Auchan (03.5930.5930) est à la disposition des consommateurs qui auraient des questions", poursuit Auchan. 
qui a précisé à France 3 que 2 magasins du Nord et du Pas-de-Calais étaient concernés pour 4 produits vendus.

En décembre dernier, "comme toutes les enseignes françaises, Auchan Retail France a reçu trois messages successifs de rappel de la société Lactalis
concernant des références de produits de nutrition infantile. L'entreprise a aussitôt mis en oeuvre ses procédures de rappel interne, transmis les consignes et informations nécessaires à la mise en oeuvre immédiate du rappel à l'ensemble de ses 641 points de vente et sites marchands en France"
, a tenu à rappeler l'enseigne de distribution.

Ce mardi, Michel-Edouard Leclerc, patron de l'enseigne qui a commercialisé dans certains de ses magasins des reliquats de produits Lactalis concernés par le rappel du 21 décembre, avait reconnu "un bug inadmissible" et a présenté ses excuses aux clients. C'est un client de Leclerc Seclin qui avait signalé cette erreur.

Une cliente d'Intermarché Marles-Mines a également affirmé ce mercredi avoir acheté des produits normalement interdits à la vente.
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Comment s'organise un rappel de produits ?
Un rappel de produits est une procédure mise en place à la suite d'un contrôle de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), effectué après le signalement d'une anomalie ou d'un accident. L'entreprise ayant fabriqué les produits à risque - dans ce cas Lactalis après la découverte de lait infantile contaminé aux salmonelles - doit mettre en place la procédure.

"Il n'y a pas d'obligation de moyens, c'est une obligation de résultat", a indiqué à l'AFP Loïc Tanguy, directeur de cabinet de la DGCCRF. La société se charge généralement d'informer ses clients et de communiquer par voie de presse. Les associations de consommateurs relaient également ces informations auprès du grand public. En ce qui concerne l'étranger, la DGCCRF informe ses homologues en passant par une plateforme européenne.
En parallèle, ce service qui dépend de Bercy, mène des contrôles aléatoires pour "vérifier l'effectivité des mesures".

Dans le cas du rappel de Lactalis, il indique avoir mené une "enquête nationale"pour v érifier que la procédure a bien été respectée par tous les distributeurs, grandes surfaces et pharmacies, notamment. Mais, pour Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir "l'affaire Leclerc n'est que le révélateur de l'insuffisance du dispositif de contrôle".

Que s'est-il passé chez E.Leclerc ? 
Le distributeur affirme que la procédure de rappel a bien été mise en place mais son patron Michel-Edouard Leclerc reconnaît qu'"il y a eu des trous dans la raquette". Pour expliquer le dysfonctionnement, il évoque "à ce stade" des difficultés liées à la succession de rappels, qui ont eu lieu autour de la période des fêtes de fin d'année, lorsque les distributeurs connaissent un surplus d'activité.

Il mentionne également une opération promotionnelle, décidée trois mois en amont et dont "les stocks seraient arrivés en magasin avec un étiquetage différent". Un audit de E.Leclerc est en cours afin d'identifier les raisons précises. La DGCCRF a également lancé "des investigations" sur le sujet.
Peu convaincues par ces premiers éléments, des associations de défense de consommateurs (Foodwatch, CLCV, UFC-QueChoisir) ont déploré le manque d'information. "Il va falloir qu'on s'explique, y compris sur les raisons données", a déclaré mercredi à l'AFP Quentin Guillemain, président de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles.

Les associations s'interrogent également sur l'absence de publication de listes de lots ayant échappé au rappel chez Leclerc et des magasins Leclerc concernés.

Quelles sont les suites de l'affaire ?
L'affaire pourrait avoir des conséquences judiciaires pour E.Leclerc. "Des plaintes seront déposées par des parents contre Leclerc dans les jours qui viennent", assure M. Guillemain. Dans le cadre d'une procédure de retrait et de rappel de produits, "la responsabilité porte sur chaque maillon de la chaîne, chacun a la responsabilité d'informer ses clients et d'arrêter de commercialiser les produits dangereux", selon la DGCCRF. A la suite du dysfonctionnement révélé chez E.Leclerc, d'autres distributeurs ont décidé d'effectuer des contrôles par précaution. "L'incident chez Leclerc a attiré notre attention donc on mène actuellement des investigations (sous forme d'audit interne) pour vérifier que les procédures de rappel ont bien été appliquées dans chacun de nos magasins", a dit à l'AFP Thierry Desouches, le porte-parole de Système-U.

"Parce que si la transmission de l'information est informatisée et robotisée, l'application de ces procédures en magasin fait appel à l'humain. Donc nous vérifions que tout a bien été fait en temps et en heure", a-t-il ajouté. Carrefour "a été très vigilant" et a en outre "mis en place un plan de contrôle
renforcé pour s'assurer de la destruction des stocks des produits concernés dans nos magasins", a indiqué une porte-parole à l'AFP.

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