Belgique : le Covid-19 s'invite dans les négociations pour former un gouvernement

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Écrit par AFP (édité par Quentin Vasseur)

Le roi Philippe doit passer un test.

Un des deux responsables politiques chargés par le roi des Belges de piloter les négociations pour former un gouvernement a été testé positif au coronavirus mardi et il est désormais contraint à l'isolement jusqu'au 22 septembre, a annoncé son parti.

"Coup de froid sur les négos", "c'est vrai que l'exercice était un peu trop simple" : sur Twitter certains éditorialistes ont réagi ironiquement à ce nouveau rebondissement dans le long feuilleton pour aboutir à la formation d'un gouvernement majoritaire, ce dont la Belgique est privée depuis décembre 2018. Egbert Lachaert, président de l'Open VLD (les libéraux flamands), a subi mardi un test de dépistage du coronavirus qui s'est révélé positif, a annoncé le parti dans un communiqué. Conséquence: "il se place immédiatement en quarantaine pendant 14 jours".

Avec Conner Rousseau, jeune numéro un des socialistes flamands, M. Lachaert est un des deux présidents de parti chargés récemment par le roi Philippe de mener les négociations en vue de former un gouvernement fédéral.

Le duo est censé rendre compte de sa "mission de préformation" au plus tard vendredi, selon le cahier des charges fixé par le palais royal.

Test sur le roi Philippe

Mais il semble désormais impossible d'envisager autrement qu'à distance aussi bien l'audience avec le roi que les réunions avec les autres présidents de parti (une demi-douzaine environ) engagés dans les discussions.
  
M. Lachaert "continuera à suivre les négociations avec son collègue Conner Rousseau par liaison vidéo", souligne le communiqué de l'Open VLD. Quant au roi Philippe, il "va se faire tester" à son tour, a indiqué le palais royal.

Avec un record de 541 jours sans gouvernement en exercice en 2010-2011, la Belgique a la réputation d'être un pays ingouvernable. Depuis les élections législatives du 26 mai 2019, qui ont accentué le morcellement du paysage politique, les "missions" royales se sont enchaînées et plus de 470 jours se sont écoulés sans qu'une solution de coalition majoritaire puisse être trouvée.

L'actuel gouvernement conduit par la libérale francophone Sophie Wilmès est une coalition de seulement trois partis de centre-droit, s'appuyant sur une petite minorité de sièges à la Chambre (38 sur 150).

Et il n'est pas exclu que Mme Wilmès perde dans les deux semaines à venir la confiance des députés, un soutien majoritaire qu'elle avait obtenu à la mi-mars pour six mois dans les conditions exceptionnelles de la lutte anti-coronavirus.
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