Blocage des routiers : de gros ralentissements à la frontière belge

Barrage filtrant à Rekkem ce jeudi 28/11. / © M.Nezzari
Barrage filtrant à Rekkem ce jeudi 28/11. / © M.Nezzari

Les routiers organisent depuis 5 heures ce matin des barrages filtrants sur la frontière belge à Rekkem et Saint-Aybert, génèrant plusieurs kilomètres de bouchons. L'opération s'est achevée à Rekkem en fin de matinée et doit s'arrêter vers midi dans le Valenciennois.

Par F3 et AFP

Au niveau de Rekkem, une vingtaine de camions (avec une trentaine de trasporteurs) organise le blocage des voies de droite, laissant la voie de gauche pour les véhicules légers. Seuls les poids-lourds sont bloqués, mais l'opération crée des ralentissements. Après une heure de blocage, vers 6h, ce matin, il y avait déjà 5km de bouchons. Ce qui a conduit la police belge à faire des déviations, occasionnant des ralentissements au niveau de Neuville-en-Ferrain.

La Préfecture signale aussi des difficultés de circulation au niveau de Crespin, sachant que le barrage filtrant s'est installé à Saint-Aybert sur l'A2, dans le sens Belgique/France. Une soixantaine de transporteurs et une trentaine de camions occupent la voie de droite. Là aussi, un bouchon de 5-6 km s'est formée et la police belge détourne les véhicules légers pour éviter que les embouteillages ne grossissent.
Manifestation des routiers nordistes à la frontière belge

Ces blocages sont présentés par la FNTR du Pas-de-Calais et l'OTRE Hauts-de-France comme un "premier acte" d'une mobilisation des routiers, dans un communiqué commun.

Les chauffeurs protestent, notamment, contre une hausse de 2 centimes du prix du gazole, ce qui leur coûterait "700 euros par camion et par an", selon Sébastien Rivera, secrétaire général de la FNTR du Pas-de-Calais.

Une délégation doit être reçue à la Préfecture du Nord à 9h30 ce matin. Les transporteurs ont prévu de faire une remise des clés symboliques de leurs camions, pour montrer qu'ils ne pourront plus continuer à travailler comme ça.
 
Les transporteurs remettent leurs clés de camions à la Préfecture du Nord. / © M. Schelcher
Les transporteurs remettent leurs clés de camions à la Préfecture du Nord. / © M. Schelcher
"C'est uniquement les sociétés françaises qui vont encore contribuer", se désole Sébastien Rivera.
    
Début juillet, Elisabeth Borne, alors ministre des Transports, avait annoncé une baisse de 2 centimes par litre du remboursement dont bénéficie le transport routier sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) frappant le gazole. "Il est légitime que le transport routier, qui est un grand utilisateur du réseau
routier, participe à l'entretien de nos routes qui en ont bien besoin",
avait justifié Mme Borne, désormais ministre de la Transition écologique et solidaire.

Cette mesure a été approuvée par l'Assemblée nationale le 17 octobre. Le Sénat l'a supprimée en première lecture mardi.

"Le secteur contribue déjà fortement - et lourdement - au financement des infrastructures (plus de 7 milliards d'euros par an) et ce n'est pas le seul transport français de marchandises qui utilise le réseau routier français mais également le flux gigantesque des transporteurs étrangers", selon les deux organisations professionnelles de transports de marchandises. "La concurrence déloyale déjà subie par le transport français de marchandises
sera renforcée par cette inégalité !"
estiment-elles.
    
Cette augmentation de fiscalité représenterait, selon le gouvernement, 140 millions d'euros en année pleine, et son produit doit être affecté à l'Agence de financement des infrastructures des transports de France (AFITF).
 

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