VIDÉO. Brexit : Eurotunnel attaque le gouvernement britannique en justice

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En cause, les contrats conclus dans l'urgence par le gouvernement britannique, qui craint de gros embouteillages à Calais en cas de Brexit sans accord.

Le groupe GetLink qui exploite Eurotunnel (anciennement Groupe Eurotunnel) a assigné le gouvernement britannique en justice, selon une information de l'agence britanique Bloomberg confirmée auprès de l'entreprise.

Le gouvernement de Theresa May est accusé de "passation de marché secrète et viciée" (en anglais "secretive and flawed procurement exercice") selon l'avocat du groupe Daniel Beard.
 
Brexit : Eurotunnel attaque le gouvernement britannique en justice ©France 3 Nord-Pas-de-Calais

 

107 millions de livres pour trois contrats


Cette attaque en justice fait suite aux contrats passés pour un total de 107 millions de livres par le gouvernement britannique, inquiet par la perspective d'embrouteillages monsters à Calais en cas de Brexit sans accord. L'un d'entre eux, passé pour la liaison Ramsgate-Ostende, s'élevait à 14 millions de livres et a fait polémique : la compagnie Seaborne n'avait, de fait, ni expérience, ni ferries...  
 
L'affaire a fait grand bruit en Grande-Bretagne et le contrat a été annulé le week-end dernier.
 
Eurotunnel et le port de Calais n'ont pas caché leur colère de voir "leur" trafic dévié vers d'autres ports. À tel point que le patron du port de Calais Jean-Marc Puissesseau avait déclaré la semaine dernière que "le ministre des Transports britanniques n'est plus le bienvenue à Calais". Il évaluait à 6 millions d'euros la somme dépensée au port pour anticiper les nouvelles obligations de contrôles douaniers et vétérinaires.
 
Le directeur d'Eurotunnel Jacques Gounon estimait, lui, que "l'attribution de ces contrats aux autres transporteur de ferry, constituerait une violation unilatérale de l'accord de concession avec Eurotunnel".

Eurotunnel reproche au gouvernement de n'avoir pas soumis ces trois contrats à des appels d'offres et estiment qu'ils reposaient sur des "clauses d'extrême d'urgence", pour un montant qualifié de "déloyal" pour la concurrence. L'avocat d'Eurotunnel a jugé "remarquable" que la compagnie n'ait pas été prévenue de l'existence de ces contrats, alors qu'elle opère sur le trafic transmanche depuis des années.

Une première audience est prévue le 1er mars, soit près d'un mois avant la date butoir du Brexit.