Comment se passe l’accueil des migrants de Calais dans les villes concernées ?

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Écrit par @F3nord / AFP

Depuis hier lundi, les migrants rejoignent par autocar les 287 centres d’accueil et d’orientation (CAO) répartis dans toute la France.

La France compte près de 36 000 communes. Peu d’entre elles recevront les migrants dirigés vers les 287 lieux répartis dans toute la France.

Des habitants divisés

D’une ville à l’autre, l’accueil n’est pas le même. Les habitants eux-mêmes sont parfois divisés comme le montre l’exemple de Saint-Brevin-les-Pins près de Nantes. 50 migrants sont arrivés lundi soir, ils ont été accueillis par l'association humanitaire "Trajet".

Un collectif d'habitants contre l'accueil des migrants a été créé et leur pétition a récolté 600 signatures. Il y a trois semaines, le centre d’accueil avait été touché par des coups de feu, sans faire de blessés.

Dans le même temps, 400 habitants de cette station balnéaire de 13 000 personnes se sont réunis pour afficher leur soutien en faveur de l’accueil des migrants de Calais.


Accueil des migrants : la ville de Saint-Brévin-les-Pins divisée

Le soutien des élus 

Dans la Vienne, 16 migrants sont arrivés à Mignaloux-Beauvoir. Avant même leur descente du bus, le maire Gérard Sol, apparenté PS leur témoigne son soutien « On est très content de vous accueillir, les habitants de Mignaloux viendront vous aider et nous aussi », lance l’élu dans l’autocar. Un accueil chaleureux qui a touché les réfugiés « Nous sommes vraiment très heureux, ce soir on se sent très bien psychologiquement », déclare l’un d’entre eux. Une cérémonie d’accueil aura lieu dans les prochains jours.

A 200 kilomètres de là, l’accueil est plus distant. Dans le bus pas de mot de bienvenue, juste l’appel des 29 noms. Même si le maire divers droite de la ville, Jean-Marc Bouffard, entend lui aussi veiller à leur bonne intégration.

Migrants : un accueil qui diverge selon les communes

Habitation

La région Bourgogne-Franche-Comté a ouvert 550 places dans 21 centres d’accueil et d’orientation. Les premières arrivées ont eu lieu en Saône et Loire, dans le Territoire de Belfort, le Doubs, l’Yonne et la Haute-Saône. Grand-Charmont dans le Doubs était, hier soir, l'une des destinations de ces migrants. Ils ont découvert leur logement.


Arrivée des migrants dans le Pays de Montbéliard

 

Cancale, commune située dans le département d’Ille-et-Vilaine, avait déjà reçu avant l'été une soixantaine de migrants. Un séjour qui s'était bien déroulé selon la mairie qui ne s'est pas opposée à en accueillir de nouveau. En Bretagne, 220 migrants sont répartis dans les 4 départements.

L'arrivée de 49 migrants à Cancale

Premiers pas

A Nogent-le-Rotrou, 26 migrants font leurs premiers pas loin de la "Jungle" de Calais. "J'ai passé l'une de mes meilleures nuits depuis longtemps", se réjouit Mohammed Riaz en descendant de son nouvel appartement. Mardi, les 26 migrants de Calais arrivés la veille découvrent Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) où les habitants sont partagés entre "devoir de solidarité" et réticences."

"Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être en France. La Jungle ce n'était pas la France", affirme Mohammed, qui marche, carte de Nogent-le-Rotrou en mains, dans les rues calmes de cette commune de quelque 10.000 habitants, à 130 km au sud-ouest de Paris, au coeur du Perche. 

"A Calais, j'avais une multitude de problèmes, on me volait mes affaires, j'avais toujours froid et faim. Ici, on se sent comme des princes", dit encore, enthousiaste, ce réfugié originaire du Pakistan. Son programme pour les prochains jours ? "Découvrir la ville et surtout trouver un endroit pour apprendre le français, c'est le plus important pour le moment", ajoute-t-il en anglais, avant de poursuivre en français: "J'ai déjà commencé à apprendre à Calais, à la cool".