Coronavirus : doit-on s’attendre à une deuxième vague dans les Hauts-de-France ?

15 jours après le déconfinement, les indicateurs sur la circulation du Covid-19 sont porteurs d’espoir. Le nombre de cas, d’hospitalisation et de décès diminue peu à peu. Doit-on alors s’attendre à une fameuse “deuxième vague” dans les Hauts-de-France ? 

© ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP
Depuis sept semaines, les indicateurs épidémiologiques de circulation du SARS-CoV-2 sont en baisse en France”, annonçait Santé publique France, le 21 mai dans son bulletin épidémiologique national. Une bonne nouvelle qui concerne aussi les Hauts-de-France. Tous les indicateurs sont à la baisse dans la région. On y dénombre de moins en moins de décès. Ce dimanche 24 mai, quatre personnes sont décédées des suites du Covid-19 dans les hôpitaux des Hauts-de-France, contre 68, au pic de l’épidémie, le 3 avril.

Même constat dans les hôpitaux. Le nombre de patients hospitalisés pour Covid-19 est en baisse depuis le 20 avril, passant de 2578 à 1612, ce dimanche. Autre lueur d’espoir : samedi, on ne comptait aucune admission en réanimation dans toute la région, ce qui était une première depuis le 19 mars

 

“La probabilité d’une deuxième vague est faible” 



Malgré le déconfinement donc, tous les signaux sont au vert. Doit-on alors s’attendre à une deuxième vague du Covid-19 dans les Hauts-de-France ? Le patron du SAMU du Nord et des urgences du CHU de Lille Patrick Goldstein “ne la voit pas arriver pour l’instant. On constate ici une diminution très claire de l’activité au niveau des urgences et en réanimation pour les patients Covid. La circulation du virus ralentit.” Mais c’est encore trop pour envisager, ou non, un rebond de l’épidémie : “Il faut attendre encore une grosse semaine, le temps que les gens recommencent à avoir une vie à peu près normale, pour voir si ce ralentissement perdure”, considère le Docteur Goldstein. 

“La probabilité d’une deuxième vague est faible, déclare quant à lui Daniel Camus, professeur et épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille, si et seulement si, on conserve l’ensemble des mesures barrières”, insiste-t-il. 
 
 

À une condition : rester vigilant  



“Toutes ces bonnes nouvelles ne doivent pas entraîner une baisse des efforts, prévient le chef des urgences de Lille, si l’épidémie se ravive à cause d’un non respect des mesures barrières ces derniers week-ends… on le saura bientôt”. Pour l’épidémiologiste Daniel Camus, “il suffirait d’un tout petit relâchement pour que le virus en profite pour infecter une nouvelle partie de la population. Je suis partisan d’une surveillance renforcée mais on ne peut pas vivre dans la probabilité potentielle. Oui, potentiellement le virus peut revenir, mais si on ne constate pas d’éléments en faveur d’une deuxième vague, on ne peut pas maintenir des mesures strictes. Il faut s’adapter.”
 

 
 

La découverte de cluster : un mal pour un bien



Trois foyers épidémiques ont été identifiés dans les Hauts-de-France ces dernières semaines. Le premier a été identifié dans le Pas-de-Calais le 14 avril dernier. Il a été pris en charge par le Centre d'épidémiologie et de santé publique des armées. Le deuxième, géré par l’Agence régionale de Santé (ARS), a été localisé fin avril dans l'usine Royal Canin de Cambrai, dans le Nord. Et un troisième “cluster” actif a été dévoilé par l’ARS, situé au centre Coallia de Compiègne, dans l’Oise
 
Pour Patrick Goldstein, “la découverte de ces micro-foyers est positive. Elle permet de prendre des mesures immédiates, de manière à éviter la diffusion du virus. Plus on en détectera, mieux ce sera”.  Le professeur de l’Institut Pasteur abonde dans son sens : “ce serait bien plus inquiétant pour notre région si on avait des cas éparpillés partout sur le territoire. Tandis que là, on identifie des petits foyers, ce qui permet de les maîtriser rapidement. Une fois que vous identifiez les contacts et que vous les isolez, vous cassez la chaîne de transmission.” 

 

“Le Covid-19 ne va pas disparaître totalement” 



Si l’intensité de l’épidémie diminue, petit à petit, elle ne devrait pas pour autant s’éteindre totalement. C’est en tout cas l’avis du Docteur Goldstein : “Cette maladie ne va pas disparaître. Il faut pouvoir détecter, isoler et traiter les patients qui l’auront, mais malheureusement, certains continueront à aller en réanimation. Comme avec la grippe, certains feront des formes graves et décéderont. Une nouvelle maladie infectieuse est apparue et va se banaliser”. 
 

Vers un retour du Covid-19 en hiver ? 



Grâce aux mesures barrières, nous pourrions alors éviter un pic d’épidémie comme celui que nous avons connu, mais le Covid-19 pourrait réapparaître pendant l’hiver, explique Daniel Camus : “Comme c’est un virus qui s’autodétruit, si on ne lui donne pas à manger, en respectant les mesures de confinement, le virus meurt. Mais attention, il continue de circuler à bas bruit et il pourrait revenir pendant l’hiver, comme le virus grippal. Pendant cette période, la faible luminosité fait que nos défenses immunitaires fonctionnent moins bien. Le virus, lui, pourrait trouver des conditions favorables dans le froid et l’humidité. La conjonction des deux pourrait alors entraîner une recrudescence de l’épidémie de coronavirus, d’où la nécessité de trouver un vaccin ou un traitement.”



 
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