Coronavirus : pas de confinement aux Pays-Bas, où le gouvernement prône “l'immunité de groupe”

© ROBIN VAN LONKHUIJSEN / ANP / AFP
© ROBIN VAN LONKHUIJSEN / ANP / AFP

De Sluis (L'Ecluse, en français) à Dunkerque, on ne compte que 90 km.

Par Q.V

"L'immunité de groupe" peut-elle protéger un pays face au coronavirus Covid-19 ? Alors que le président français Emmanuel Macron annonçait le lundi 16 mars, dans un discours grave, de nouvelles mesures drastiques pour limiter la propagation de la pandémie (confinement, report du 2nd tour des élections municipales, fermeture de l'espace Schengen...), le Premier ministre néerlandais Mark Rutte tenait à la télévision un discours radicalement différent.
 

 

"Pas de réponse facile à cette situation"


"La réalité, c'est que le coronavirus est parmi nous et qu'il va rester parmi nous pendant un petit temps", a indiqué Mark Rutte, dans son allocution traduite par RTL.be, ajoutant qu'"il n'y a pas de réponse rapide ou facile à cette situation."
 

"La réalité, c'est aussi que dans un futur proche, une large partie de la population va etre infectée", a déploré le chef du gouvernement libéral-conservateur. "C'est ce que les experts nous disent. Ils disent aussi, alors que nous attendons un vaccin ou un médicament, que nous pouvons ralentir la propagation du virus et en même temps former une immunité de groupe de manière contrôlée."

Cette "immunité collective" consiste à laisser les personnes moins vulnérables attraper le virus, tout en protégeant les personnes plus à risque. En attendant, le gouvernement néerlandais a malgré tout ordonné dimanche la fermeture jusqu'au 6 avril des écoles, bars, restaurants, maisons closes et "coffee shops".
 

24 morts aux Pays-Bas


Il a ainsi exclu le confinement total adopté par la France, l'Italie et l'Espagne, arguant que "dans ce scénario, nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences", et ce alors que le virus "pourrait réapparaître immédiatement si les mesures étaient retirées".

Les Pays-Bas comptent actuellement 1414 cas confirmés de Covid-19, dont 24 décès. Une situation plus ou moins similaire à celle du Royaume-Uni (1553 cas, dont 56 décès), où le gouvernement de Boris Johnson a également joué la carte de l'"immunité collective"... avant de devoir infléchir sa stratégie face aux critiques.
 

Le conseiller scientifique du gouvernement britannique avait notamment indiqué que pour qu'une "immunité collective" se développe, il fallait que 60% de la population soit infectée. "Je dois être honnête avec vous, avec le public britannique: beaucoup plus de familles vont perdre leurs proches prématurément”, avait déclaré jeudi le Premier ministre Boris Johnson, lors d'une conférence de presse. 

Depuis, le gouvernement britannique a ordonné la fermeture des pubs, restaurants et écoles. Les rassemblements de masse ne sont en revanche pas encore interdits.
 

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