Gérald Darmanin : le ministre traité de "sale violeur" lors des cérémonies pour le père Hamel, 11 interpellations

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a été traité de "sale violeur" pendant les hommages au père Hamel, assassiné il y a quatre ans à Saint-Étienne-du-Rouvray et, selon la préfecture, onze personnes ont été interpellées dans la foulée.

Le ministre de l'Intérieur a été une nouvelle fois la cible de manifestants, qui dénoncent sa nomination alors qu'il est accusé de viol.
Le ministre de l'Intérieur a été une nouvelle fois la cible de manifestants, qui dénoncent sa nomination alors qu'il est accusé de viol. © Sameer Al-DOUMY / AFP
"Onze personnes ont été interpellées et auditionnées, quatre sont en garde à vue pour outrage, et toutes sont verbalisées pour manifestation interdite", a précisé à l'AFP la préfecture de Seine-Maritime, après avoir manifesté contre le ministre de l'Intérieur nordiste Gérald Darmanin.

"Sale violeur ! Darmanin, violeur ! Sale violeur !", ont été proférés par un ou plusieurs individus alors que le ministre de l'Intérieur était au pupitre pour prononcer un discours d'hommage, à l'extérieur de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray.
Au total, 11 personnes ont été interpellés par les forces de l'ordre.
Au total, 11 personnes ont été interpellés par les forces de l'ordre. © Sameer Al-DOUMY / AFP
Selon la préfecture le secteur où avaient lieu les hommages n'était pas fermé. "Même s'il y avait une interdiction de manifester, le secteur était ouvert au public", a rappelé la préfecture.

Les personnes qui "ont interpellé le ministre ont été exfiltrées". Elles sont "connues pour leur appartenance à la mouvance gilets jaunes et ultra gauche", et les mots proférés ne sont pas le fait de féministes, précise-t-on de même source.

La préfecture rappelle néanmoins "qu'il est scandaleux de profiter d'une cérémonie de recueillement" pour commettre ce type de manifestation.

Des manifestations régulières à chaque déplacement du ministre

Depuis sa nomination à l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui fait l'objet d'une accusation de viol, est la cible d'associations féministes. Dénonçant "la culture du viol en Marche", il y a deux semaines, plusieurs milliers de manifestants avaient protesté contre la présence de M. Darmanin au gouvernement.

À Lille, 200 personnes s'étaient rassemblées début juillet contre la nomination de l'ex-ministre de l'Action et des Comptes publics, ainsi que celle d'un autre Nordiste, Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice.  La justice a ordonné en juin dernier la reprise des investigations dans l'affaire Darmanin. 

Un déplacement en hommage au père Hamel

Dans son discours dimanche, M. Darmanin a rendu hommage au père Hamel "mort sous les coups de la barbarie la plus infâme et la plus aveugle". Son assassinat "n'a pas touché que les chrétiens. Il a touché toute la France en son coeur et en son esprit", a dit le ministre.

"Mettre à mort un prêtre (...) c'est tenter d'assassiner une partie de l'âme nationale" a souligné M. Darmanin. "Quatre années après, nous nous souvenons de son action. De ce drame. Et nous n'oublions pas", a ajouté le ministre, souhaitant que la vie et la mort du prêtre puisse "être la fois un exemple pour ceux qui croient et un voeu d'espérance de fraternité républicaine pour tous".

Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel, prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), a été égorgé dans son église par deux jihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, qui ont été tués par la police. L'assassinat avait été revendiqué par l'organisation État islamique.
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