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Mort de la petite Mawda en Belgique : un an après, ses parents réclament justice

Les parents de Mawda, fillette de 2 ans d'origine Kurde, veulent des réponse après la mort de leur fille. / © THIERRY ROGE / BELGA / AFP
Les parents de Mawda, fillette de 2 ans d'origine Kurde, veulent des réponse après la mort de leur fille. / © THIERRY ROGE / BELGA / AFP

Un an après la mort de Mawda, fillette kurde de 2 ans, causée par un tir policier en Belgique, ses parents demandent des réponses. Ils déplorent notamment que l'auteur du tir n'ait pas été inculpé.

Par MD avec AFP

Le 17 mai 2018, Mawda, fillette kurde de 2 ans, était tuée par la balle d'un policier lors d'une course-poursuite en Belgique. Un an après le drame, ses parents déplorent la lenteur de l'enquête et jugent "anormal" que le policier auteur du tir n'ait pas été inculpé.

Les faits se sont déroulés en pleine nuit, alors qu'une trentaine de migrants, pris en charge à Grande-Synthe, circule dans une camionnette sur une autoroute de Wallonie, au sud de Bruxelles. Le chauffeur tente d'échapper à une voiture de police qui veut l'intercepter en roulant à vive allure.

Face au refus d'obtempérer, l'un des fonctionnaires sort son arme par la fenêtre et vise, selon ses explications, "le pneu avant gauche" en doublant. Mais un brusque coup de volant de son collègue dévie son tir vers l'habitacle de la camionnette. C'est là que Mawda, installée avec ses parents derrière le chauffeur, est touchée d'une balle dans la tête. Elle meurt dans l'ambulance qui la transporte à l'hôpital.
 

Le policier, qui reconnaît le tir fatal, est toujours "en incapacité de travail" un an après le drame, confie son avocat Me Laurent Kennes, qui le dit "anéanti". Il n'a pas été inculpé, ce que les parents de la fillette, un jeune couple de Kurdes d'Irak vivant désormais en Belgique, jugent "complètement anormal", selon Me Selma Benkhelifa, leur avocate.

"Mes clients ne comprennent pas, ça les choque vraiment", insiste l'avocate, qui attend le procès et ses "explications". "La juge d'instruction a l'intention de faire une reconstitution, on verra ce qu'il adviendra à l'issue, si elle inculpe ou non", défend de son côté Ignacio de la Serna, procureur général à Mons, qui chapeaute l'enquête sur le délit de fuite et le tir mortel.

"Pour moi il y a deux fautes: le tir du policier et la conduite folle du chauffeur [du véhicule poursuivi] sans laquelle il n'y aurait pas eu de tir", ajoute le magistrat.

 

Police des polices


Il rappelle que le parquet peut demander le renvoi du policier devant le tribunal correctionnel, même s'il n'a pas été inculpé auparavant. "L'inculpation ne sert à rien, c'est une stigmatisation totalement inutile", tranche pour sa part Me Kennes.

A ce jour, seul le chauffeur de la camionnette est incarcéré dans ce dossier. Kurde d'Irak lui aussi, il a été extradé en avril du Royaume-Uni où il avait été arrêté. Libéré dans un premier temps faute de preuves, comme tous les occupants de la camionnette, il a finalement été confondu par son ADN "sur le volant et la boîte de vitesse" du véhicule, explique M. de la Serna.
 

Il a été inculpé pour "entrave méchante à la circulation avec la circonstance aggravante du décès" et "rébellion armée", l'arme étant la camionnette avec laquelle il a tenté de percuter ses poursuivants. Parallèlement à celle de la justice, une enquête a été ouverte par le comité P, la "police des polices" en Belgique. Dans ses premières conclusions, ce comité pointe du doigt la faute du policier, un tir ne devant jamais être effectué en mouvement.

Des problèmes de communication entre services d'enquête sont aussi mis en évidence car les policiers sollicités pour prendre en chasse la camionnette ignoraient la présence de migrants à bord. En outre, ce véhicule était "pisté" via une balise GPS posée dans le cadre d'une enquête de la justice française pour remonter une filière de trafic de migrants, mais là encore, l'information a mal circulé, déplore-t-on côté belge.

Quant aux parents de la fillette, dont Me Benkhelifa préfère taire le nom, ils ont obtenu un titre de séjour d'un an en Belgique pour "raison humanitaire", huit mois après le drame. Ils espèrent le voir renouvelé en février prochain afin de rester dans le pays où Mawda est enterrée.

 

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