Coupe du Monde de rugby : avec 5 matchs et 50 000 supporters en moyenne à chaque fois à Lille, le prix des chambres a flambé

Au terme de cinq matchs de Coupe du Monde de rugby organisés au stade Pierre Mauroy, à Villeneuve-d’Ascq, les restaurants, hôtels et bars de Lille ont fait le plein durant trois semaines. Un bilan salvateur pour le secteur touristique, mais peut-être un peu moins pour le portefeuille des supporters.

Depuis le premier match, le 14 septembre 2023, entre la France et l’Uruguay et le dernier au stade Pierre Mauroy, ce dimanche 8 octobre à 17h45( Tonga contre la Roumanie), la ville de Lille vibre au rythme de la Coupe du Monde de rugby. Cinq matchs accueillis en trois semaines avec en moyenne 50.000 supporters chacun, pour le plus grand plaisir des commerçants. 

“Ça nous ramène énormément de monde, beaucoup d’Anglais. Et en plus la météo est avec nous donc on peut ouvrir la terrasse, c’est vraiment génial”, se réjouit Thomas Bianqui, responsable du restaurant Les Compagnons de la grappe, heureux de cette clientèle hétéroclite à la bonne humeur communicatrice.

Une effervescence constatée dès le premier match de la Coupe du Monde à Lille et toujours au rendez-vous ce week-end. Le bilan est satisfaisant : environ 200 couverts par service, tandis qu’une semaine normale se situe plutôt entre 80 et 120 couverts, selon la météo. 

"Ça nous ramène énormément de monde, beaucoup d’Anglais. Et en plus la météo est avec nous donc on peut ouvrir la terrasse, c’est vraiment génial."

Thomas, responsable de restaurant

900 euros pour deux nuits

Du côté des hôtels, même dynamique. “Le bilan économique est énorme, ça fait plusieurs mois qu’on a préparé cet événement en se renseignant sur les prix à afficher”, confirme Nisrine Kezeh, réceptionniste d’un Hôtel Kanaï à Lille qui affichait complet ces sept derniers jours. À titre d’exemple, elle indique qu’une cliente a payé 900 euros pour deux nuits. “Ce sont les prix approximatifs aux alentours", indique-t-elle. 

"Les clients sont de gros fans, ils n’hésitent pas à mettre le prix pour pouvoir séjourner à Lille et assister au match. Pour eux c’est un grand événement sportif mais également familial."

Nisrine Kezeh, réceptionniste d’un Hôtel Kanaï à Lille

À ce prix, la chaîne d’hôtels proposait un English breakfast et des accueils personnalisés avec des cadeaux en chambre : bière de saison artisanale, petits ballons de rugby, casquette et sac au logo du groupe ainsi que protège verre et chocolat. “Les clients ont choisi notre hôtel il y a plusieurs mois donc on se devait de faire un tel accueil, souligne Nisrine Kezeh. La bière, ils aiment beaucoup, surtout les Anglais !”

Dans les rues en effet, nombreux sont les Anglo-Saxons à avoir fait le déplacement, motivés par la proximité de l’événement sportif et désireux de s’offrir des vacances. “C’est facile d’accès, et puis il y a la nourriture, la ville, le temps qui est bon !”, s’exclame un touriste Anglais resté pendant deux semaines. Il a toutefois fallu s’organiser bien en amont et être prêt à mettre la main au portefeuille. 

Des réservations bien en amont

Tous les supporters interrogés partagent la même expérience : une recherche de logement entamée il y a plusieurs mois, parfois il y a un an, et des prix conséquents dans le centre, comme le raconte cet autre touriste : “On a essayé de réserver il y a plus d’un an sur Airbnb, mais ce n’était pas possible de réserver autant à l’avance. Je pense qu’ils voulaient attendre pour pouvoir faire grimper les prix”, glisse-t-il.

Mais cela n’étonne pas cet habitué : “Ça arrive à chaque fois !” Lui et ses proches ont finalement opté pour un hôtel à Arras à 110 euros la nuit par personne. D’autres, qui ont préféré rester dans le centre, ont payé 700 euros pour deux nuits, en ayant réservé six mois auparavant. 

"Ça a apporté énormément de monde et ça fait du bien à la ville."

Nicolas, responsable du Temple's Bar

Un séjour onéreux qui n’a pas empêché ces supporters d’aller fêter la troisième mi-temps dans les bars lillois, notamment au Temple’s bar, avec un air de maison pour les Irlandais. “Ma terrasse est remplie depuis 13 heures”, expliquait samedi 7 octobre le responsable, Nicolas : “Ça a apporté énormément de monde et ça fait du bien à la ville. Même quand il n’y a pas de match accueilli, ça marche très bien, comme pour tous les bars de la rue et de la ville.”

Un boom économique qui va doucement prendre fin après le dernier match de ce dimanche soir puisque les matchs de quart de finale auront lieu à Marseille et Saint-Denis. La France, elle, affrontera l’Afrique du Sud dimanche 15 octobre au stade de France.