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Comment l'implantation d’une antenne-relais au milieu d'un lotissement sème la zizanie à Ghyvelde

Les habitants craignent des répercussions sur leur santé. / © DR / France 3
Les habitants craignent des répercussions sur leur santé. / © DR / France 3

Les habitants des Moëres, près de Ghyvelde, s'inquiètent de la construction d'une antenne-relai au milieu de leur lotissement. Ils affirment avoir découvert le projet quand les travaux ont été lancés. Une polémique qui crée des remous jusque dans les rangs des élus.

Par Margot Desmas

"Ça me coûtera ce que ça me coûtera, mais j’irai jusqu’au bout". C'est la promesse de Patrick Vanbockstael, un habitant des Moëres, petit village de la commune de Ghyvelde, collé à la frontière belge. Avec de nombreux riverains, parmi les 1 000 que compte le village, Patrick se mobilise pour empêcher (ou du moins déplacer) la construction d’une antenne-relai en plein milieu de son lotissement, à une dizaine de mètres de son logement.

Les travaux ont commencé mercredi 13 mars et à ce moment, les riverains ignoraient encore tout du projet. "En voyant les engins de chantier, je suis allé parler aux ouvriers pour savoir ce qui allait être construit. Et c’est là que j’ai appris qu’il s’agissait d’une antenne de 12 mètres", assure Patrick Vanbockstael, agriculteur et farouche opposant au projet.

 

Rififi à la mairie


L’antenne va être implantée par l’opérateur Orange sur un bâtiment appartenant à France Télécom. Elle permettra une meilleure réception du réseau mobile, permettant l'accès à internet sur les téléphones portables. Et l’entreprise le martèle : "tout est légal". "Nous allons maintenir cette implantation, annonce le service communication du Nord Pas-de-Calais. Tous les clients ont le droit à une couverture internet de qualité, ce qui n'est pas le cas aux Moëres car l'antenne la plus proche se trouve à 1 kilomètre de là."

Et c’est justement ce qui inquiète les habitants, car les chances de voir aboutir un recours en justice sont quasi-nulles, s’agissant d’un terrain privé pour lequel aucune autorisation n’est nécessaire. Malgré cela, ils comptent bien en arriver là avant la mise en service de l'antenne, prévue dès l'été 2019. Du côté de Ghyvelde, commune à laquelle est rattachée Les Moëres, la municipalité assure avoir découvert ce projet en même temps que les habitants. "Une riveraine m'a informé du début des travaux alors que je suis le maire. Vous vous rendez compte ?", clame Jean Decool, maire sans étiquette de Ghyvelde.
 

Le Paon

Voici le mail envoyé ce jour à Monsieur le Maire Bonjour Monsieur le maire, Je viens d'entendre à la radio que des riverains de Les Moëres de Ghyvelde se mobilisent contre l'installation d'une...


En cause selon lui : une mauvaise communication entre le maire délégué des Moëres, Hervé Laniez, et sa ville de rattachement, Ghyvelde. Hervé Laniez aurait, d'après Jean Decool, "signé les papiers sans [lui] en parler". Contactée par France 3, la mairie déléguée n'était pas joignable ce jour. Mais chez Orange, le son de cloche n'est pas tout à fait le même : l'opérateur confirme avoir informé les élus des Moëres dès juillet 2018 mais affirme également s'être rapproché des élus de Ghyvelde en novembre, ce que la municipalité réfute.

 

"Cesser les travaux coûte que coûte"


Les habitants, qui se sont déjà réunis ce lundi pour protester contre cette implantation, semble résignés mais ne perdent pas espoir. "Pour eux, c’est plus simple de la construire sur leur terrain, je ne vois pas pourquoi ils reculeraient", lance Patrick Vanbockstael. Et ce qui les inquiète par-dessus tout ce sont les risques sanitaires liés à cette antenne : "Quand j’habitais à Dunkerque, j’avais souvent des maux de têtes. Les médecins m’ont dit que c’était peut-être une intolérance à certaines ondes. C’est vrai que là-bas, il y avait 300 antennes relais et depuis que je suis venu habiter ici : plus rien".
 

Inquiétude d’autant plus forte que l’agriculteur a deux enfants en bas âge. Mais comme le rappelle Orange, aucune étude scientifique ne prouve que ces émetteurs aient une incidence sanitaire. "Nous sommes toujours entourés d'ondes radiophoniques, télévisuelles, rappelle le service communication de l'entreprise. Il y a bien des normes fixées par l'OMS, mais nous sommes toujours en-dessous des seuils maximum autorisés".

Peu importe pour le maire de Ghyvelde : "Je vais faire arrêter les travaux, il est hors de question qu'ils se poursuivent", lance-t-il. Malgré les autorisations obtenues par Orange ? Les réunions avec la municipalité ? "Oui, je préfère faire passer l'humain d'abord", martèle Jean Decool. En attendant, une pétition a été lancée il y a 2 jours par les habitants pour protester contre ce projet, elle a recueilli plus de 170 signatures ce mardi soir. Mais pas de quoi faire plier l'opérateur qui a commandé ces travaux : "Si une demande d'injonction est faite, le préfet tranchera. En attendant, les travaux se poursuivront".

 

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