Lait maternel ou lait infantile ? Le désir de non-allaitement se défend, c'est le "le choix de la maman"

L’organisation mondiale de la santé recommande un allaitement exclusif durant six mois car selon elle, le lait maternel est bon pour l’immunité de bébé. Si on connaît les points positifs de l’allaitement, on connaît moins ses points négatifs et on parle peu des points positifs du lait infantile. Rééquilibrons la balance.

Opération déculpabilisation des mamans qui ne font pas le choix de l’allaitement ! Il y a celles qui ne veulent absolument pas et d’autres qui allaitent quelques jours et qui arrêtent pour pleins de raisons. (Perte de liberté, perte de sens, douleurs aux seins, difficulté à stimuler leur lactation, mauvais accompagnement de la part des équipes médicales, manque de suivi en post-partum...) Ces mamans peuvent entendre des jugements déplacés.

 "Tu n’as même pas essayé alors que c’est bon pour l'immunité de ton bébé !" ou encore "Tu n’as même pas tenu un mois ! Tu le regretteras plus tard!"

Remarques entendues par des mamans

Le choix du mode d'alimentation est prétexte à jugement ou étonnement. Il est facile de se laisser déstabiliser par des remarques insidieuses. Derrière elles, se profile l’image de la mauvaise mère égoïste. Kasia, amiénoise maman de deux enfants, 7 ans et 10 mois, a choisi de donner un biberon à chaque fois. Elle a très mal vécu le jugement de femmes voulant allaiter et de la sage-femme lors d’un atelier préparation grossesse. Face à l'attitude de la sage-femme, Kasia s'est insurgée: "Pourquoi vous me demander de justifier mon choix alors que la question ne s'est même pas posée pour les autres femmes du groupe ?" La sage-femme s'est maladroitement excusée mais m'a quand même dit que j'avais encore le temps de changer d'avis. Cela me reste encore en travers de la gorge ! "

>>> Ecoutez le podcast Hauts-Féminin ci-dessous , "allaitement ou biberon, déculpabilisons"

Vous avez encore le temps de changer d'avis!

Propos tenus par une sage-femme

Une situation que déplore Céline Bourganeuf, présidente de l’association des consultantes en lactation IBCLC de France : "Je m'adresse aux professionnels, on ne doit pas juger comme le fait cette sage-femme ! Le choix de la maman ne doit pas être remis en compte. Si on allaite, on n'a pas à se justifier, si on n'allaite pas, non plus ! "

"Je m'adresse aux professionnels, on ne doit pas juger!"

Céline Bourganeuf, consultante en lactation IBCLC

 Cette opposition entre team allaitement et team lait infantile trouve une partie de son origine dans la difficulté pour les mères de faire un choix éclairé, apaisé sur le sujet de l’allaitement et du lait en poudre. C’est un casse-tête car il n'existe pas une vraie préparation aux deux méthodes pour nourrir son bébé.  On pourrait imaginer un atelier pédagogique sur les points positifs et négatifs des deux méthodes pour nourrir son bébé. Libre ensuite à chaque maman de faire un choix éclairé et d’affirmer sa position à l’entourage intime comme médical.

Les + du Lait infantile  

                                                                       

  • Flexibilité (Liberté des mouvements) 
  • Connaissance de la quantité de lait prise
  • Fréquence régulière (car le lait infantile est plus long à digérer) 
  • Le papa peut donner le biberon

Source : blog Plusdemamans

  

Les - du lait maternel

  • Allaitement à la demande : le bébé tète dès qu'il en a besoin. Il faut supporter d’être collée à son bébé toute la journée.
  • Douleurs aux seins (seins très durs, tétons sensibles, risque de crevasse, mastite)
  • Tétées groupées du soir et pics de croissance de 48h. C’est physiologique. Votre bébé veut téter plus fréquemment avant le coucher toutes les heures parfois même toutes les demi-heures. Il y a aussi le phénomène de pic de croissance de 48h toutes les trois semaines. Bébé réclame encore plus. Pas simple de tenir la cadence durant ces deux jours !

Source : L'association La Leche League

Manque d'un accompagnement objectif 

Les femmes ne sont pas à l’aise sur le sujet du lait infantile et de l’allaitement car elles nagent dans un melting-pot d'informations contradictoires. On est loin de l'image de la maman remplie par le bonheur d'une maternité éclairée. Céline Bourganeuf enfonce le clou sur ce problème d'accompagnement : " On prône l'allaitement maternel parfois à tort car on n'a pas une équipe médicale capable de pouvoir faire un suivi correct. Il ne faut pas bannir le non-allaitement si le choix est éclairé."

L'allaitement ne coule pas de source

Simone de Beauvoir, philosophe féministe comparait la maternité à une aliénation ! L’allaitement peut donc parfois être vécu comme une privation de liberté. Céline Bourganeuf se met à la place des mamans sur ce point : "J'accompagne des mamans les premières semaines qui sont en grande difficulté. Parfois, le sevrage est indispensable pour le bien-être de la mère et de l'enfant. Une maman qui n'a pas un bon accompagnement en allaitement, qui a des crevasses, qui éprouve des douleurs atroces, il n'y a aucun intérêt à poursuivre un allaitement maternel coûte que coûte." L’allaitement ne coule pas de source contrairement aux idées reçues.

durée de la vidéo : 00h13mn00s
Hauts Féminin le choix du non allaitement ©FTV
 

Pour en savoir plus, retrouvez l'émission Hauts Féminin ci-dessus présentée par Marie Sicaud et Christelle Juteau-Lermechin. Céline Bourganeuf, présidente des consultantes en lactation de France est leur invitée.