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Damien Castelain, président de la MEL, en garde à vue pour des soupçons de détournement de fonds publics

Damien Castelain en février 2015. / © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Damien Castelain en février 2015. / © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le président de la Métropole européenne de Lille, Damien Castelain, était en garde à vue ce mardi matin dans le cadre d'une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, a-t-on appris de source proche du dossier.

Par YF avec AFP

Le directeur général des services (DGS) de la métropole, Bruno Cassette, était également en garde à vue dans cette affaire portant sur des dépenses effectuées entre janvier 2017 et mai 2018, a précisé cette source, confirmant une information de La Voix du Nord

Deux autres personnes ont été placées en garde à vue dans l'après-midi, selon le parquet. De source proche du dossier, il s'agit de la compagne de M.Castelain et de l'ancienne chargée de communication au sein de la collectivité. 

Le président de la MEL et son DGS ont été tous deux convoqués ce mardi matin par la brigade financière de la PJ de Lille, en charge de l'enquête préliminaire ouverte en juillet dernier pour détournement de fonds publics et recel, suivie d'un signalement, en octobre dernier, de l'Agence Française anticorruption (AFA).  
 
Damien Castelain, président de la MEL, en garde à vue
Commentaire de Maïna Sicard-Cras.

Depuis la publication en juin 2018 par le site Médiacités d'une enquête portant au départ sur 11 000 euros de dépenses réalisées entre janvier 2017 et mai 2018, des soupçons de détournement d'argent public pèsent sur Damien Castelain. Dans cet article, le site affirmait avoir épluché "quelques centaines de factures" qui n'avaient "pas grand chose à voir" avec les fonctions politiques du président de la MEL, notamment pour des parfums, services de bien-être, ou nuits en hôtel de luxe le week-end.
 

Suite à une plainte contre X et un signalement de l'association de lutte contre la corruption Anticor, le parquet de Lille avait ouvert en juillet 2018 une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics et recel. De son côté, l'Agence Française anticorruption (AFA) a effectué en octobre un signalement auprès du parquet, puis rendu en décembre un "rapport de contrôle" sur la MEL, confidentiel mais rapidement dévoilé par Médiacités. Elle y relevait selon le site des "irrégularités", considérant par ailleurs que l'analyse de certaines factures n'avait "pas permis de s'assurer" qu'elles avaient été "engagées dans l'intérêt de la collectivité".
 

L'AFA s'intéresse également aux travaux en cours du futur siège de la MEL, ainsi qu'aux conditions dans lesquelles a été employée une chargée de communication de cette collectivité. Selon le rapport d'une mission d'évaluation interne, le coût du déménagement dans ce futur siège se révèle largement supérieur à celui voté en 2017.

Mi-juin, Damien Castelain a annoncé avoir remboursé "l'intégralité des notes de frais" signalées dans le rapport de l'AFA, afin de "couper court aux polémiques malsaines", selon son avocate Me Florence Rault qui réfutait "un aveu quelconque de culpabilité". Un "don" de 20542,03 euros a ainsi été versé en avril à la métropole lilloise. 
 

Dès la publication de l'enquête en 2018, M.Castelain avait fustigé "une chasse à l'homme téléguidée" et assuré que ces chiffres étaient "faux", parlant pour sa part de "395 euros par mois de frais de représentation". Le président de la MEL est par ailleurs mis en examen pour "trafic d'influence passif" et "complicité de favoritisme" dans l'enquête sur l'attribution du marché du Stade Pierre-Mauroy à Eiffage en 2008.
 

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