Agression d'une femme à Lille-Moulins : "C'est l'enfer pour les gens" selon Martine Aubry, qui en appelle à l'Etat

Interpellée publiquement par une femme violemment agressée samedi soir à Lille-Moulins, réagit au micro de France 3. La situation dans ce quartier où les trafics de stupéfiants sont nombreux "n'est plus possible" selon la maire de Lille, qui en appelle à l'Etat.

Martine Aubry, maire de Lille, ce 21 juillet.
Martine Aubry, maire de Lille, ce 21 juillet. © FRANCE 3
"Dès que j’ai vu cette vidéo, j’ai appelé cette jeune femme. J’étais à la fois en colère et très attristée de ce qui lui arrive" a réagi ce mardi Martine Aubry, après l'appel lancé dans une vidéo par une femme violemment frappée samedi soir dans son quartier de Lille-Moulins.

Laura*, 43 ans, a été opérée d'une double fracture de la mâchoire après avoir été frappée au visage par un jeune homme près de son domicile.  Une agression qui a poussé cette mère de famille à lancer cet appel, pour que les pouvoir publics interviennent dans le quartier de Moulins et notamment dans le secteur dit de la Filature, où les dealers font la loi. Encore plus depuis la fin du confinement. 

"C’est malheureusement la situation de la Filature et des rues avoisinantes. Ca fait à peu près un an et demi qu’on saisit le préfet, qui d’ailleurs avait fait intervenir la police il y a environ un an. Ils (les dealers, ndlr)  étaient partis de la Filature pour aller à côté rues de Trévise et Jean Jaurès, ce qui n’avait rien arrangé", explique ce mardi la maire de Lille. 
M. Aubry réagit à l'agression d'une femme à Lille-Moulins, quartier gangrené par les dealers

Le préfet saisi

"Il se trouve que j’ai eu une réunion avec le préfet, à ma demande, de toute urgence, début juillet, pour lui demander de mettre fin à cette situation", a-t-elle ajouté.

"On arrive, à la Filature, à une situation qui n’est pas éloignée des quatre tours de Lille-Sud, où la police a fait un immense travail, avec des résultats. Je lui ai fait part de deux priorités absolues : la Filature et Wazemmes, autour de la rue Jules Guesde et du métro de Wazemmes. La police passe mais ne reste pas suffisamment", rapporte Mme Aubry.

"L'enfer"

Pourtant directement interpellée par Laura, Martine Aubry approuve sa démarche, et en appelle à son tour au ministre de l'Intérieur pour plus de police sur le terrain. "Elle a bien fait de réagir parce qu’il y a un moment, si on n’a pas de la police suffisamment… Castaner nous avait répondu qu’on était sous-dotés, je compte bien aller voir le ministre Darmanin pour le lui redire, parce que ce n’est plus possible".

"C’est l’enfer pour les gens, comme ça l’était dans les quatre tours de Lille-Sud. La direction de la sécurité publique a réagi immédiatement. Ils étaient déjà allés contrôler la veille et l’avant-veille, mais malheureusement pas au moment où cette jeune femme est arrivée".

"C’est lourd ce qui lui arrive, c’est grave… Mais ce n’est que le reflet d’une situation insupportable, et je n’ai pas attendu cela pour saisir le préfet. Encore une fois la police fait actuellement un travail remarquable mais simplement, ils n’ont pas assez de moyens, et c’est là que le bât blesse", conclut la maire de Lille.

L'auteur présumé de l'agression commise samedi soir a été interpellé dimanche, et devait être jugé en comparution immédiate ce mardi. L'affaire a été renvoyée à fin septembre et le suspect a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de séjour dans le quartier de la Filature. * Le prénom a été modifié
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