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Coup de gueule de Martine Aubry contre deux ministres : non, la maire de Lille n'a pas été prévenue la veille

Martine Aubry salue Agnès Buzyn ce vendredi devant le CHRU de Lille / © Capture d'écran vidéo La Voix du Nord
Martine Aubry salue Agnès Buzyn ce vendredi devant le CHRU de Lille / © Capture d'écran vidéo La Voix du Nord

Martine Aubry qui recadre sèchement deux ministres en visite au CHRU de Lille : la vidéo a fait beaucoup parler depuis ce week-end. Mais le motif du coup de gueule de la maire de Lille n'est peut-être pas aussi justifié qu'elle le dit...

Par Emmanuel Magdelaine

Martine Aubry a-t-elle un peu, beaucoup, forcé le trait ? Son "recadrage" était-il vraiment justifié ? Plusieurs informations semblent clairement montrer que la maire de Lille n'a pas été très rigoureuse sur les dates lors de son intervention face à deux ministres du gouvernement ce vendredi au CHR de Lille.

« On ne prévient pas l'ancien monde dont je suis. Je suis maire de Lille et présidente du CHRU et je n’ai pas été prévenue de votre visite, sauf par le préfet hier soir », lance Martine Aubry filmée par La Voix du Nord et 20 minutes. Un tacle adressé à Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et Agnès Buzyn, ministre de la Santé venues inaugurer le Centre national de ressource et de résilience.

Elles ne réagissent pas ou plutôt la maire de Lille ne leur laisse pas le temps de réagir. Elle poursuit : « Très franchement, le mépris des élus. Je suis habituée, c’est comme ça en permanence avec ce nouveau gouvernement. Et après on nous parle de République et de démocratie. »
 
Lille Quand Martine Aubry recadre deux ministres


Non, Martine n'a pas été prévenue la veille


Mépris des élus ? Contacté par nos soins, le service de presse de Martine Aubry a reconnu ce lundi que la maire de Lille avait en fait été prévenue deux jours avant. Pas la veille donc. Du côté du CHRU de Lille, on affirme que Mme Aubry, par ailleurs présidente du Conseil d'administration de l'hôpital, a été avertie "3-4 jours" avant. Et précise une information importante : le CHR lillois a été contacté huit jours avant pour commencer à évoquer la visite ministérielle. Sans que Martine Aubry ne soit au courant ? 

Mardi soir, un communiqué du CHU précisait :  "Le CHU de Lille n’a fait et ne fera aucun commentaire sur les conditions d’organisation de cette visite, prise en charge par les autorités compétentes."

Les journalistes ont également été prévenus la veille de ce déplacement, et plus précisément dans un mail reçu à 16h51, jeudi. Un timing serré mais courant avec ce type de déplacement ministériel.
 
Quand Martine Aubry recadre sèchement deux ministres en visite au CHRU de Lille


"Elle avait même fait savoir qu’elle viendrait"


En tout cas, toutes ces sources se recoupent. Martine Aubry, qui se montre "vexée" d'avoir été prévenue au dernier moment, n'a pas été complètement oubliée par les services préfectoraux et/ou ministériels.

Nicole Belloubet, dans une interview à BFM TV, est allée dans le même sens ce lundi : " Il va de soi que comme je le fais à chaque fois que je me rends sur un territoire les élus sont prévenus. Toujours. De manière systématique. Et je crois savoir que ça a été le cas en l’espèce, et qu’elle avait même fait savoir qu’elle viendrait. Mais je ne veux pas aller au-delà car ce n’est pas ce qui m’intéresse »
 
"Je crois savoir que ça a été le cas." Selon Nicole Belloubet, Martine Aubry a bien été prévenue de sa visite à Lille

Même son de cloche chez Agnès Buzyn, la ministre de la Santé également mise en cause par la maire de Lille. Interrogée sur RTL,  
"Nous avons vérifié et évidemment, Mme Aubry avait été prévenue une semaine avant . Le préfet a suivi les protocoles habituels, donc je pense qu'elle s'est émue de ne pas recevoir un coup de téléphone personnel" a-t-elle estimé.
 
Agnès Buzyn / RTL

L'entourage de Martine Aubry souligne de son côté que la maire de Lille a tenu à saluer les ministres de manière républicaine et s'est déplacée en apprenant que la police était intervenue contre des manifestants (personnel soignants et quelques gilets jaunes) venus créer "un comité d'accueil" pour les ministres.
 

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