Covid-19 : en visite à Lille, Jean Castex appelle à "ne pas baisser la garde" pour éviter un reconfinement généralisé

Ce lundi 3 août, Jean Castex, le Premier ministre, était en visite à Lille où le port du masque est obligatoire dans certains lieux publics ouverts depuis minuit. Il a appelé à bien respecter les obligations du port du masque pour éviter un "reconfinement généralisé".

Jean Castex a continué sa visite dans les rues de Lille pour constater l'obligation du port du masque.
Jean Castex a continué sa visite dans les rues de Lille pour constater l'obligation du port du masque. © ALIX GUIHO - FRANCE
"Le virus n'est pas en vacances et nous non plus", Jean Castex en visite à Lille ce lundi matin à appeler les Français à "ne pas baisser la garde".

Venu pour faire un point sur la résurgence de l'épidémie dans la métropole, où le port du masque est désormais obligatoire dans certains "lieux publics ouverts" comme ailleurs dans le pays, il a insisté : "L'objectif est simple : nous protéger contre ce virus, surtout sans faire arrêter la vie économique et la vie sociale, c'est-à-dire en évitant la perspective d'un reconfinement généralisé."

Le Premier ministre, ainsi que celui de l'Intérieur Gérald Darmanin et le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ont débuté leur visite autour de 9 heures par un exposé de la situation à l'Agence régionale de santé.

Jean Castex a ensuite décidé de se promener dans les rues de Lille pour vérifier la bonne application de l'arrêté de la préfecture du Nord. 

Une dynamique "inquiétante" dans la métropole 

"La dynamique est très inquiétante et il faut absolument (la) casser", a souligné le docteur Patrick Goldstein, chef du pôle de l'urgence et du Samu du Nord au CHU de Lille.

S'il n'y a pas "aujourd'hui" d'impact sur l'hôpital, "ce dont on est sûr, c'est que ça ne va pas durer. Demain, il y aura une transmission des patients peu symptomatiques vers des patients fragiles", a-t-il ajouté.

Dans le département du Nord, le taux d'incidence a plus que doublé en trois semaines, passant de neuf cas confirmés pour 100.000 habitants à 21,8 habitants, un taux qui est "encore plus élevé chez les 15-44 ans".
Dans la métropole lilloise, qui compte 95 communes regroupant 1,2 million d'habitants, le taux de positivité atteint 3%, un niveau "trois fois plus élevé que dans le reste du département", et le taux d'incidence s'établit désormais à 38 personnes contaminées pour 100.000 habitants contre 17 deux semaines plus tôt.

À elle seule, la MEL concentre 79 % des nouveaux cas de coronavirus dans le département sur la dernière semaine de juillet. 

Obligation de porter des masques dans certains lieux publics ouverts

De ce fait, le préfet du Nord a prononcé ce vendredi l'obligation de porter le masque dans certaines zones publiques susceptibles d'accueillir des concentrations de personnes sur la métropole lilloise, après l'autorisation donnée aux préfets d'étendre le port du masque obligatoire dans les "lieux publics ouverts". Cette décision concernera notamment "les zones piétonnes", "les zones où la circulation routière est limitée à 20 km/h", celles "qui se caractérisent par une très forte fréquentation du public" comme certaines grandes rues commerçantes et connues pour leur vie nocturne de Lille ou encore "tous les espaces verts urbains, y compris les bords des cours d'eau", avait annoncé le préfet Michel Lalande.

Visite de l'Institut Pasteur puis d'un atelier de fabrication de masques en tissu

Jean Castex doit ensuite se rendre à l'Institut Pasteur de Lille où un centre de dépistage "en mode drive et piéton" a été mis en place.

Enfin, il est attendu dans un atelier de fabrication de masques à Roubaix, ancienne capitale de l'industrie textile. L'usine, créée à la hâte lors de la crise du nouveau coronavirus, fait partie du réseau Résilience, qui milite pour la relocalisation de cette activité en France et regroupe PME et entreprises d'insertion.

Elle produit des masques en tissu en forme de bec de canard, lavables 20 fois. Jean Castex doit s'exprimer à l'issue de cette visite, vers 12 h 30, depuis l'Hôtel de ville de Roubaix.

Le discours des autorités a évolué au fil des semaines et des connaissances scientifiques, passant d'un masque "inutile pour toute personne dans la rue" jusqu'à aboutir à une obligation dans tous les lieux publics clos, depuis le 20 juillet, et donc désormais dans certaines zones publiques.
 
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