Réseaux de passeurs : 21 personnes condamnées à Lille, jusqu'à sept ans d'emprisonnement

21 membres d'un réseau de passeurs ont été condamnés à Lille ce 13 octobre, pour des peines allant du sursis à sept ans d'emprisonnement. Les tarifs astronomiques auxquels étaient soumis les victimes de ce racket organisé a rapporté plusieurs millions d'euros aux malfaiteurs.

"Les migrants au nombre de plus d’une dizaine parfois, étaient "stockés" [dans un conteneur] pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours" avant d'être mis sur un bateau en partance pour l'Angleterre, racontait la police. 21 membres d'un réseau international de passeurs ont été condamnés ce 13 octobre à Lille pour avoir organisé le transport illégal en camion d'exilés entre 2016 et 2019.

Deux filières fonctionnaient en miroir : la filière britannique, gérée par des ressortissants iraniens, irakiens ou afghans ; et la filière établie sur le sol français, entretenue par un réseau roumain. L'enquête avait débuté avec l'arrestation en août 2018 d'un chauffeur de poids lourd sur le port de Calais, suite à découverte de trois migrants kurdes dissimulés dans la cabine de pilotage, dans les coffres sous la couchette.

Les bénéfices vertigineux d'un racket organisé

L'un des commanditaires du réseau, Silviu-Ciprian B. sera jugé en novembre. Son homologue de Grande-Bretagne, Hojjat N. a lui été condamné à sept ans de prison ferme, et 100 000 euros d'amende. Il collectait l'argent des exilés victimes du réseau, donnait des instructions et rémunérait les passeurs. Vingt autres protagonistes du réseau ont par ailleurs été condamnés à des peines allant du sursis à six ans de prison ferme. Le tribunal a également prononcé l'interdiction définitive du territoire français pour 19 d'entre eux. 

Leur filière est responsable du passage en Angleterre de 327 réfugiés, 140 ayant été interceptés en France. Les écoutes mises en place par la Justice ont également révélé les tarifs pratiqués par ce réseau criminel : entre 11 000 et 14 000 euros par adulte, légèrement moins pour un enfant. Un véritable racket, au vu des grandes difficultés financières des exilés. Au total, plus de 4 millions d'euros auraient été générés par ce trafic. "Des chiffres qui donnent le vertige. Mais derrière, il y a également une réalité humaine : des personnes transportées dans des conditions franchement indignes, dangereuses" avait rappelé la procureure Candice Diallo lors de ses réquisitions.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants société immigration