Témoignage. Des étudiants en médecine lancent une pétition contre l'annulation et le report d'une de leurs épreuves

Publié le Écrit par Noëlle Hamez

Leur dernier partiel terminé, les étudiants en première année de médecine à Lille ont eu la mauvaise surprise de voir l'une des épreuves du concours PASS annulée et reportée au 1er juin 2024 par leur faculté. Une décision qui provoque l'ire des médecines, qui expriment leur désapprobation dans une pétition, signée par près de 6 000 personnes.

Une "injustice" qui a rassemblé presque 6 000 personnes en seulement quatre jours. Ce 17 mai 2024, une pétition en ligne a été publiée par les étudiants en première année de médecine (PASS) de la faculté de Lille.

Dans ce cri de colère, les étudiants dénoncent l'annulation et le report de leur partiel de biostatistiques, qui s'est déroulé le 14 mai dans de mauvaises conditions. La pétition indique que les premières années de médecine ont dû patienter une heure debout dans la salle, causant plusieurs malaises et vomis liés au stress, avant de pouvoir accéder à l'épreuve. La raison ? Un document manquait à l'évaluation.

"C’était la première épreuve des examens, à 9h30. Ils nous ont distribué les sujets. Pendant toute l’année, ils nous ont parlé à chaque cours du formulaire, une page avec des formules qui nous aident à faire les exercices", raconte Julien*, qui souhaite rester anonyme. "En ouvrant le sujet, je cherche le formulaire pour trouver les formules mais je ne tombe pas dessus."

Ils nous ont parlé à chaque cours du formulaire, une page avec des formules qui nous aident à faire les exercices. (...) En ouvrant le sujet (...) je ne tombe pas dessus.

Julien, étudiant en médecine

Une heure pour imprimer le formulaire

Le jeune homme explique alors que les surveillants leur ont demandé de se lever. "On nous a dit : les formulaires sont en cours d’impression. Je pensais qu’ils allaient nous donner le formulaire ou un sujet de secours. Au bout d’une heure, ils nous donnent enfin le formulaire." Un laps de temps qui s'explique par le nombre de premières années : plus de 1000 étaient présentes à cette épreuve de tronc commun.

On nous a dit : les formulaires sont en cours d’impression. (...) Au bout d’une heure, ils nous donnent enfin le formulaire.

Julien

En sortant de l'épreuve, les étudiants sont soulagés. Mais trois jours plus tard, ils ont eu la surprise de recevoir un message de la faculté indiquant que "les perturbations constatées pendant l'épreuve de biostatistiques de mardi dernier nous conduisent à prendre la décision d'annuler cette épreuve." C'est la douche froide pour la grande majorité.

Les élèves assidus pénalisés

Le report de l'épreuve provoque donc l'ire des étudiants de médecine. "Il est injuste de devoir rattraper une épreuve qui a la capacité de démarquer les étudiants dont le travail a été continu durant toute l'année", soulignent les étudiants dans leur pétition.

Nombre de premières années ont l'impression que leurs efforts ont été vains. Selon Salomé*, étudiante opposée au report de l'épreuve, le principe d'équité avancé par l'Université de Lille n'en est finalement pas un : "Ce report est fait dans le but d’être juste, par rapport aux personnes ont fait des malaises par exemple. Sauf qu'on a tous été égaux face à ce dysfonctionnement, donc l'épreuve était juste en soi. Le report est donc injuste car les élèves qui ont moins bien travaillé auront deux semaines de plus pour réviser."

On a tous été égaux face à ce dysfonctionnement, donc l'épreuve était juste en soi. Le report est donc injuste car les élèves qui ont moins bien travaillé auront deux semaines de plus pour réviser.

Salomé, étudiante en médecine

Ces dernières semaines, la jeune fille de 18 ans a travaillé de 6h30 à 23 heures chaque jour. Un rythme éprouvant que la plupart des étudiants ont adopté pour ces épreuves de fin d'année, expliquant leur volonté de ne pas réitérer l'expérience ces deux prochaines semaines.

"On paie les pots cassés"

"On nous annonce qu’on est en vacances, mais en fait elles n'ont duré que 24 heures", fustige Salomé qui explique sa détresse en voyant ces mois de liberté s'envoler. "Quand je suis au concours je recrache tout et je sors libre. Devoir se remettre dans les révisions c’est dur. C'est encore une pression. C’est vraiment cruel, j’ai pleuré toute la soirée."

Devoir se remettre dans les révisions c’est dur. C'est encore une pression. C’est vraiment cruel, j’ai pleuré toute la soirée.

Salomé

Un état d'esprit que partage Julien, son camarade de promotion. Pour lui, la pression est finalement encore pire que celle précédant l'examen. "Ça fait le grand 8. À la fin du concours, je me disais que c’était du passé et que j’allais enfin pouvoir me poser. Lire ce message c'était affreux."

Surtout, les deux étudiants pensent avoir réussi l'épreuve, que beaucoup négligent, permettant de se démarquer dans le classement. Or, face au sujet du 1er juin, ils ne sont pas certains de réaliser la même performance. "J’ai cartonné j'en suis sûre. Donc je serais dégoûtée de rater la seconde fois. On doit payer les pots cassés du manque d’organisation de la fac en revenant un samedi matin."

Contactée, la faculté de médecine n'a pour l'instant pas répondu à nos sollicitations.

*Les prénoms ont été modifiés

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