"Mes nains, c’était une partie de ma vie" : 170 de ses 300 nains de jardin volés pendant la nuit, une plainte déposée

Une habitante de Ferrière-la-Petite, commune du Nord, a eu la mauvaise surprise de voir 170 de ses 300 nains de jardin dérobés en pleine nuit. Il y a 25 ans, le FLNJ, front de libération des nains de jardins, sévissait déjà dans la région.

Au téléphone, Annie-Claude Briche a la voix tremblotante. "Vous savez, on ne me parle que de ça depuis 3 jours, raconte-t-elle. Et quand je parle de mes nains..."

Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 octobre 2023, cette habitante de Ferrière-la-Petite, un village situé près de Maubeuge dans le Nord, s’est fait voler des dizaines et des dizaines de sculptures, d’ordinaire installées devant chez elle. "Ils m’en ont volé 170 sur ma collection de 300, vous imaginez ? J’étais chez moi pourtant, mais je n’ai rien entendu".

Une collection débutée il y a 30 ans

La retraitée avait débuté cette collection il y a près de 30 ans avec son mari, décédé depuis. "On avait commencé avec un ou deux, puis la collection s’est agrandie petit à petit. Des animaux, des champignons, une blanche neige et les 7 nains, liste Annie-Claude Briche. Ils avaient tous une histoire. Mes voisins m’en ont ramené de voyage, il y a celui que j’ai gagné au mariage de mon frère, les cadeaux pour la fête des grands-mères..."

Mes nains de jardin avaient tous une histoire.

Annie-Claude Briche, habitante de Ferrière-la-Petite

 Après avoir fait la découverte en allant chercher son journal dimanche matin, la retraitée est immédiatement allée porter plainte. Contactée, la gendarmerie nous confirme qu’une enquête est en cours. Depuis, Annie-Claude Briche a rentré le reste de sa collection dans sa maison. "Je les rentre tous les hivers car j’ai peur qu’ils gèlent et qu’ils se cassent. Je devais le faire la semaine dernière mais il a plu tous les jours".

Solidarité dans le village

Dans le village de 1 000 habitants, on ne parle que de ça. Une voisine d’Annie-Claude Briche a même lancé un appel sur les réseaux sociaux pour lui déposer des nains de jardin et tenter de reconstituer la collection. "Ça me touche et c’est très gentil de leur part", confie la retraitée.

Face à son désarroi, la ville se mobilise également. Christophe Chamot, premier adjoint au maire, explique avoir été sollicité par plusieurs administrés pour participer à l’élan de solidarité. "Moi-même le premier j’ai commandé un nain de jardin sur internet pour lui déposer", explique l’élu.

Le retour du FLNJ, le Front de Libération des Nains de Jardin ?

En 1997 déjà dans la région, des vols similaires de grande ampleur avaient été constatés par les forces de l’ordre. Cette année-là à Béthune, de nombreux propriétaires de nains de jardin s’étaient retrouvés au commissariat pour tenter d’identifier leurs objets, comme le montre ce reportage de France 3 Nord Pas-de-Calais.

durée de la vidéo : 00h01mn30s
En 1997, un gang de voleurs de nains de jardin dans le Nord et le Pas-de-Calais ©INA / France Télévisions

Quelque 180 nains avaient été dérobés par de jeunes étudiants se revendiquant du FLNJ, le Front de Libération des Nains de Jardin. Trois d’entre eux avaient été interpellés dans une voiture où se trouvaient deux figurines à bonnets rouges. Ils étaient rapidement passés aux aveux et avaient expliqué avoir dérobé les nains de jardin dans plusieurs villes de la région.

"Ce sont plus des blagues de potaches que des faits criminels graves", avançait à l’époque un enquêteur interrogé, précisant que ces faits sont "des vols par escalade et répondent à une qualification pénale". Les 4 étudiants avaient finalement été jugés le 31 octobre 1994 par le tribunal correctionnel de Béthune.

L'actualité "Faits divers" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Faits divers" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité