Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a parrainé mardi à Lille la remise du statut de réfugiés à 60 anciens migrants de la "Jungle" de Calais, voyant dans cette cérémonie "un symbole" des valeurs de la France.
Ces ex-migrants, majoritairement Soudanais, Érythréens et Éthiopiens, avaient été dirigés dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) à la suite du démantèlement de la "Jungle" en octobre. Leur nouveau statut officiel de réfugié leur a été donné "en un temps record", a-t-il souligné.
"Malgré un certain nombre de manifestations ou de mises en cause, la tradition d'asile est respectée et la solidarité s'organise autour de ceux qui ont connu un calvaire à Calais et en partant de leur pays", a déclaré le ministre de l'Intérieur, sous les dorures de la fastueuse salle des fêtes de la préfecture du Nord. "Je suis content que la France soit fidèle à ses traditions", a ajouté Bruno Le Roux, en référence au droit d'asile.
Pas de reconstitution de la "Jungle"
Une cinquantaine de ces nouveaux réfugiés participent au programme expérimental "PILOT" (Projet d'insertion par le logement, l'orientation et le travail), qui vise "à compléter l'accélération des procédures administratives par une démarche active d'insertion sociale et professionnelle", selon la préfecture.Pascal Brice, directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), a retracé le parcours de ces hommes passés du statut de "migrant, à celui de demandeur d'asile et aujourd'hui à celui de réfugié". "Après une instruction rigoureuse, l'Ofpra a considéré qu'ils relèvent du droit d'asile et ils vont commencer une vie aussi normale que possible avec le droit au séjour dans notre pays", a dit M. Brice.
Samedi, un migrant éthiopien a été mortellement percuté par un poids lourd aux alentours de Calais, le premier décès depuis le démantèlement de la "Jungle", alors que certaines associations signalent à nouveau des déambulations nocturnes de migrants dans le secteur. "J'essaye de mobiliser tous les éléments pour faire en sorte que ne se reconstitue pas des conditions de vie indignes telles qu'on avait pu les connaitre dans +la Jungle+", a dit M. Le Roux.
De son côté, Pascal Brice souhaite que "les quelques personnes qui arrivent soient prises en charge comme il le convient. Le gouvernement doit annoncer les dispositions qu'il entend prendre de manière à ce qu'elles puissent être prises en charge et, du point de vue de l'Ofpra, puissent faire une demande d'asile".