La panthère d’Armentières, dérobée au zoo de Maubeuge en 2019, aurait été retrouvée dans un sanctuaire aux Pays-Bas  

Disparue il y a un an du zoo de Maubeuge, la célèbre panthère noire d’Armentières aurait été retrouvée dans un sanctuaire aux Pays-Bas, affirme l’association Action Protection Animale. Le parquet de Lille effectue actuellement des comparaisons ADN. On vous explique ce rebondissement.
La panthère noire d'Armentières se trouverait dans un sanctuaire pour grands félins dans le nord des Pays-Bas depuis janvier dernier.
La panthère noire d'Armentières se trouverait dans un sanctuaire pour grands félins dans le nord des Pays-Bas depuis janvier dernier. © Stichting Leeuw / France 3 Hauts-de-France

Plus d’un an après sa disparition, une association aurait retrouvé la trace de la panthère qui se baladait en septembre 2019 sur les toits d'Armentières. Il y a quelques semaines, Action Protection Animale apprend qu’une panthère noire femelle née en 2019 a été abandonnée par un couple dans un centre de réhabilitation dédié aux grands félins situé aux Pays-Bas. 

"On a été avisés qu’elle avait été accueillie dans un sanctuaire aux Pays-Bas, raconte Anne-Claire Chauvancy, présidente de l’association. La panthère a été abandonnée dans un sanctuaire situé aux Pays-Bas, comme on abandonne un chien dans un refuge."

Un sanctuaire aux Pays-Bas

Ce sanctuaire, le Lion Foundation, se situe dans la ville d’Anna Paulowna, au nord des Pays-Bas. Le 15 janvier dernier, une jeune panthère noire femelle "avec une masse musculaire très faible" y est déposée par des particuliers, indique le refuge. Ce que confirme l’association. D’après sa présidente, l’animal a été déposé par un couple, expliquant au refuge "que c’était une panthère star... La fameuse panthère d'Armentières." 

Elle poursuit. "Au moins l’un d’eux parlait français (…) Le couple n’était plus en mesure de gérer l’animal sauvage devenu dangereux mais ne pouvait l’abandonner en France sans risquer d’être mis en cause", explique Anne-Claire Chauvancy. Selon elle, ces deux personnes résident en France et "ne pouvaient pas aller très loin non plus parce qu’ils ne pouvaient pas transporter une panthère en bateau ou en avion sans être repérés."

Une panthère sur les toits d’Armentières 

Cela faisait plus d’un an que nous attendions de ses nouvelles. Rappelez-vous, le 18 septembre dernier, un gros félin noir est aperçu entrain de déambuler en plein centre d’Armentières. Il s’agit d’une panthère noire d’une trentaine de kilos qui s’est échappée d’un appartement et se balade de toits en toits. La scène est alors filmée par des riverains, partagés entre frayeur et stupéfaction. 

Les pompiers et les autorités, dépêchés sur place, arrivent à endormir l’animal à l’aide d’un fusil hypodermique et la panthère d’environ 6 mois -souffrant de carences alimentaires et dégriffée- est conduite au zoo de Maubeuge. À cette date, le propriétaire du félin reste introuvable.

Nouveau rebondissement dans la nuit du 23 au 24 septembre 2019. Des individus pénètrent dans le zoo, forcent l’enclos de la panthère et la dérobent. Depuis cette date, l’animal est introuvable.

Par la suite, le propriétaire de la panthère se rendra au commissariat pour dévoiler son identité mais niera toute implication dans ce vol.  Il est alors placé en garde à vue avant d'être relâché.

Enquête en cours

Le parquet de Lille, en charge de l’enquête, vérifie ces informations pour s’assurer que la panthère du refuge hollandais est bien celle qui se baladait sur les toits d’Armentières avant d’être dérobée au zoo de Maubeuge. Un échantillon d'ADN de la panthère "néerlandaise" est actuellement en cours d'analyse pour comparaison avec la panthère d'Armentières, indique le parquet. Les conclusions du laboratoire pourront confirmer, ou non, qu'il s'agit bien de la même panthère.

"L’objectif est de faire avancer le dossier, de remonter la filière et de retrouver sa provenance pour mettre en cause toutes les personnes qui sont impliquées dans cette histoire."

Anne-Claire Chauvancy, présidente de l’association Action Protection Animale

À l’heure actuelle, une enquête est toujours en cours pour mise en danger de la vie d'autrui, ouverture non autorisée d'établissement pour animal non domestique, exploitation d'établissement pour animaux non domestique sans certificat de capacité, cession non autorisée d'animaux d'espèce non domestique ou de ses produits, sévices graves ou acte de cruauté envers un animal non domestique apprivoisé ou captif, détention en captivité d’un animal non domestique d’une espèce protégée sans avoir procédé à son identification.

La panthère s’appelle désormais Akilla

Si cette panthère s’avère être la star d’Armentières, elle a désormais un nom. Le sanctuaire l’a prénommée Akilla et lui a ainsi donné une identité. Aujourd’hui âgée d’un an et demi, elle est toujours très timide. Néanmoins, elle s’adapte petit à petit à son enclos intérieur et extérieur et "aime désormais sortir et vient en courant lorsque nous l’appelons", indique la Lion Foundation qui précise qu’elle mange de tout "mais préfère le boeuf, le lapin et la volaille."L’association Action Protection Animale précise toutefois que cette panthère "ne connaitra jamais la liberté et sera condamnée à une vie de captivité", avant d’ajouter qu’elle "bénéficiera au moins de soins adaptés à son espèce" dans ce centre de réhabilitation des grands félins… situé à 400 kilomètres des toits d’Armentières.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
panthère d'armentières animaux nature insolite faits divers