Patrimoine. La nouvelle vie de l'ancienne usine Terken face aux défis de l'environnement

Au début du 19ème siècle, trois grandes brasseries avaient fait la fierté des Roubaisiens. En liquidation judiciaire en 2004, les structures de la brasserie Terken ont été désossées et laissées à l'abandon. Un projet de réhabilitation est en cours, des logements et un restaurant de chef étoilé devraient voir le jour.

Au bord du canal de Roubaix, des blocs de bétons empilés, abandonnés, vestiges de la plus grande brasserie indépendante de France. Dans ces murs, dès 1920, on brasse de la bière, beaucoup de bières, jusqu’à huit marques, soixante millions de litres à son apogée. La GBM, devenue Terken a fait vivre jusqu’à huit cents familles de Roubaix et Tourcoing. Dans le quartier, quelques souvenirs restent.

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Le souvenir de la brasserie Terken est encore vivace dans la mémoire collective. ©L. Haffaf / S. Bruhier / FTV

Vingt ans après la liquidation judiciaire de Terken, ses bâtiments délaissés vont s’offrir une nouvelle vie. Le projet de 21 000m² comprend l'ensemble des trois bâtiments : la Tour Terken, la Malterie et l'Embouteillage. "Cette tour est un lieu chargé d'histoire, note Simon Dubreux, directeur régional du groupement Réalités Hauts-de-France. "Cela fait dix ans que je travaille dans l'immobilier et depuis une dizaine d'années, c'est un repère, un symbole."

Des logements, un parking, un restaurant et une école de design

L'Embouteillage accueillera un parking de cent quatre-vingt-seize places et d'une résidence étudiante d'une soixantaine de studios. La Malterie recevra les étudiants d’une grande école de design industriel qui bénéficieront d'un atrium spectaculaire, des salles de cours, d'une cafétéria et de multiples terrasses.

Quant à la tour désossée, de vingt-huit mètres de haut, qui accueillait les gigantesques cuves, elle deviendra l’emblème de cette réhabilitation. "Cela commence par la création d'un restaurant rooftop pour le compte de Florent Ladeyn, chef étoilé, en haut de la structure," révèle Simon Dubreux. Dans les étages inférieurs, "la volonté forte de ce chef, est d'installer dans les interstices, ce qui permet de magnifier les vides, une agriculture urbaine. On fait pousser en dessous la plupart des éléments qui serviront à faire la cuisine au-dessus. Puis au rez-de-chaussée, recréer l'esprit du village par l'installation d'une épicerie bar, telle que l'on pouvait la voir dans les Flandres de l'époque."

Un quartier qui préserve le patrimoine

Au vingtième siècle, l'entreprise Terken était le phare d'un vaste quartier nommé l'Union. Pour le découvrir, rien de tel que de prendre de la hauteur pour apprécier sa métamorphose, en compagnie de la présidente de la Ville Renouvelée, aménageur du quartier de l'Union, Isabelle Mariage. "L'ancienne filature de la Tossée va être réhabilitée, pour accueillir des entreprises et des commerces, détaille-t-elle. L’autre marqueur du quartier est occupé par le Centre Européen des Textiles Innovants (CETI)." Un quartier à la croisée de trois communes, Roubaix, Tourcoing et Wattrelos. Logements, entreprises, écoles, en quinze ans, les bouleversements et les chantiers ont été colossaux.

"On part d'un quartier extrêmement dense, couvert d'industries textiles qui ont pollué les sites et donc il faut vraiment renaturer tout cela et le rendre habitable et agréable à vivre."

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Mastodonte de la production de bières dans le nord au début du 19ème siècle, la brasserie s'est éteinte en 2004 sous le coup d'une liquidation judicaire. Un projet de réhabilitation est en cours et devrait commencer à l'aube du second semestre 2026. ©L. Haffaf / S. Bruhier / FTV - Plein La Vue

Et les projets du quartier de l’Union sont nombreux. Les aménagements devraient répondre aux enjeux, indispensables, de la préservation de la biodiversité et de la nature en ville. Ils accompagneront la future transformation de Terken, preuve qu’à Roubaix le patrimoine industriel ne meure jamais.