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Que contient le nouveau plan contre la radicalisation jihadiste présenté à Lille ?

De gauche à droite, les ministres Laura Flessel (Jeunesse), Gérard Collomb (Intérieur), Agnès Buzyn (Santé), le Premier ministre Édouard Philippe, les ministres Jean-Michel Blanquer (Education), Mounir Mahjoubi (Numérique) et Nicole Belloubet (Justice) / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
De gauche à droite, les ministres Laura Flessel (Jeunesse), Gérard Collomb (Intérieur), Agnès Buzyn (Santé), le Premier ministre Édouard Philippe, les ministres Jean-Michel Blanquer (Education), Mounir Mahjoubi (Numérique) et Nicole Belloubet (Justice) / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le Premier ministre Edouard Philippe a présenté le nouveau plan à la préfecture de Lille, entouré d'une dizaine de ses ministres.

Par Q.V avec AFP

Isolement renforcé des détenus radicalisés, contrôle accru des écoles hors contrat... Edouard Philippe a présenté vendredi à Lille un nouveau plan de 60 mesures contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités avancent encore à tâtons trois ans après les attentats de janvier 2015.

"Cette radicalisation islamiste menace notre société", a insisté le Premier ministre en présentant son plan, flanqué d'une dizaine de membres du gouvernement, dont Nicole Belloubet (Justice), Gérard Collomb (Intérieur) ou encore Jean-Michel Blanquer (Education).

La prison d'Annoeullin pour modèle


Le volet le plus attendu concernait les prisons; c'est la violente agression de surveillants par un détenu radicalisé à Vendin-le-Vieil qui avait déclenché le vaste mouvement de protestation des gardiens en janvier.


1.500 places vont être créées "dans des quartiers étanches, exclusivement dévolus aux détenus radicalisés", dont 450 "d'ici la fin de l'année", a annoncé Edouard Philippe.

Les quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER), où la dangerosité des prisonniers est évaluée pendant plusieurs mois, passeront de trois mois à sept. Et deux quartiers de prise en charge des personnes radicalisées (QPR) doivent être créés en 2018, sur le modèle de celui existant dans la prison de Lille-Annoeulin, visitée ce vendredi matin par Mme Belloubet.


Des centres inspirés du Danemark


Le plan acte également la création de trois nouveaux "centres de prise en charge individualisée" en milieu ouvert, qui s'inspirent d'un centre au Danemark. Ils concerneront des personnes "sous main de justice" (contrôle judiciaire, bracelets électroniques...), et notamment des "revenants" des zones de combat jihadistes en Syrie et en Irak.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Et 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés", selon l'administration.

Prise en charge des mineurs


Edouard Philippe a notamment insisté sur les mineurs de retour de zones de guerre jihadiste.

Défendant "une prise en charge au long cours, et notamment un suivi psychologique, pour favoriser leur réinsertion", le plan prévoit notamment la création d'une formation spécifique pour les personnels qui s'occuperont de ces "lionceaux du Califat" parfois embrigadés par l'organisation Etat islamique.

Au dernier pointage officiel, 68 mineurs, en quasi-totalité de moins de 13 ans et aux trois quarts de moins de huit ans, sont de retour en France. Environ 500 seraient encore au Levant.

Education à l'information


Pour le volet éducatif, outre des mesures de soutien à la laïcité à l'école et une "systématisation" de l'éducation à l'information (anticomplotisme..), l'exécutif a confirmé son soutien à une proposition du Sénat de durcir les conditions d'ouverture d'établissements scolaires hors contrat (74.000 élèves seulement, mais en fort développement), afin de combattre l'émergence de structures islamistes.

Le gouvernement souhaite que la proposition de la sénatrice centriste Françoise Gatel "puisse aboutir rapidement et aller à son terme", a dit M. Philippe.

En appui de la campagne "Stop Jihadisme" lancée en 2016, l'exécutif veut aussi développer un "contre-discours" à la propagande jihadiste plus ciblé et moins institutionnel, ou encore à mieux coordonner les alertes sur la radicalisation dans les structures psychiatriques.

Le cas des militaires et fonctionnaires


Dans la lignée des décrets permettant d'écarter un militaire ou un fonctionnaire exerçant une activité sensible pour des motifs de radicalisation, le Premier ministre a également annoncé le lancement d'une mission pour étudier les cas dans la Fonction publique en général.

"Nous devons envisager de pouvoir écarter de ses fonctions un agent en contact avec des publics sur lesquels il est susceptible d'avoir une influence, et dont le comportement porte atteinte aux obligations de neutralité, de respect du principe de laïcité, voire comporte des risques d'engagement dans un processus de radicalisation", a-t-il dit.

La mission, confiée au ministre de la Fonction Publique Gérald Darmanin, devra rendre ses proposition d'ici fin juin.

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