Menacé de mort après la diffusion de Zone Interdite, le maire de Roubaix porte plainte

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Guillaume Delbar affirme avoir reçu des dizaines de menaces depuis la diffusion sur M6 du reportage consacré à l'islam radical, en partie tourné à Roubaix. Inquiet et en colère, l'édile porte plainte.

Émoi et colère du maire de Roubaix. Dans un courrier destiné aux médias, Guillaume Delbar (divers droite) raconte la vague de haine dont il fait l'objet depuis la diffusion du reportage Zone Interdite de la chaîne M6, le 23 janvier. "C’est un déferlement qui ne devrait jamais toucher personne", écrit-il.

L'édile assure avoir reçu "plus d'une dizaine de messages chaque jour" à caractère menaçant. Des propos violents qu'il cite dans sa lettre : "espèce de gros porc prostitué de la politique des islamistes. Ton nom restera à jamais comme celui d'un traître. Tu le paieras cher".

"Cible vivante"

Des menaces prises très au sérieux par le maire de Roubaix : "le passage à l’acte est toujours précédé de mots incitant à la haine et à la violence." Guillaume Delbar dit être devenu une "cible vivante""Être maire ne doit pas être cela, déclare-t-il. C’est prendre des décisions pour les habitants, les assumer dans leurs conséquences." C'est pourquoi il a décidé de porter plainte.

Ce reportage M6 consacré à l'islam radical et au séparatisme, en partie tourné dans la ville de Roubaix, a eu un large écho médiatique et politique. La commune du Nord et son maire se sont ainsi retrouvés au cœur d'une polémique entretenue, selon Guillaume Delbar, par "les chaînes d'information en continu dans les jours qui ont suivi".

Le maire dénonce certains "lanceurs d'alerte"

Ce dernier pointe du doigt : "certains opposants", "certains 'lanceurs d'alerte'", "une certaine presse" ou "spécialistes auto-proclamés de l'islam qui ne veulent visiblement pas mesurer les conséquences de leurs propos". Et d'ajouter : "Je voudrais qu'ils comprennent qu’à jouer avec le feu, à faire les apprentis sorciers, on ouvre la voie à un déferlement qu’on ne maîtrise plus".

À la suite de la diffusion du reportage, le maire de Roubaix avait réagi dans un communiqué pour dénoncer un "Roubaix bashing" et une "caricature". "(…) Roubaix n’est pas une ville facile, mais elle est riche de toutes ses différences. (…) Alors oui, je peux avoir été trompé, j’ai pu me tromper. Mais le débat ne doit pas être manipulé par ceux qui voient des séparatistes partout".

Guillaume Delbar accusé dans l'affaire AAIR

Si Guillaume Delbar se retrouve au cœur de cette tourmente, c'est qu'il est cité dans l'enquête de Zone Interdite. En effet, le reportage évoque le cas de l’AAIR, une association subventionnée par la mairie, qui, sous couvert de soutien scolaire, est suspectée d'avoir enseigné des cours coraniques.

Une affaire pour laquelle le maire de Roubaix doit être jugé mardi 1er février devant le tribunal correctionnel de Lille pour détournement de fonds publics par négligence.