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Vendeville - Lycée St Paul Lille : un prêtre suspendu après la dénonciation d'une agression sexuelle via Facebook

L'Eglise Saint-Eubert à Vendeville / © Google maps
L'Eglise Saint-Eubert à Vendeville / © Google maps

Dans un post Facebook, un Nordiste de 44 ans affirme avoir été agressé sexuellement quand il était mineur par le curé de Vendeville (Nord), ancien aumonier du lycée Saint-Paul à Lille. L'affaire est entre les mains de la justice.

Par France 3 Nord Pas-de-Calais

C'est un post Facebook public qui a beaucoup circulé ces derniers jours. Il est signé "Greg ON", un Nordiste de 44 ans qui vit à Paris et se présente comme étant docteur en sciences. Il commence ainsi : "A l'attention du Diocèse de Lille et de la Mairie de Vendeville, un message personnel à faire passer à l'un de vos plus illustres administrés. #balancetonpretre"

Il est accompagné de la photo de l'abbé Régis Beils, actuel curé de la paroisse Ste Rita à Vendeville (près de Seclin dans le Nord) et d'un texte dénonçant une agression sexuelle présumée qui aurait eu lieu il y a 27 ans.

Il interpelle le prêtre : "Te souviens-tu de ce samedi de juin 1992 où tu m'as agressé en me plaquant contre ton lit et en mettant de force ta main dans mon caleçon. J'avais 17 ans, je pesais 60 kg contre ta quarantaine, ton 1,90 m et tes 100 kg. Je viens porter à ta connaissance la teneur d'une circulaire du 3 septembre 2018 relative à la loi n°2018-703 du 3 août 2018 qui stipule que le délai de prescription des crimes de nature sexuelle commis sur des mineurs est porté de 20 à 30 ans. Je n'ai pas aujourd'hui plus qu'hier les moyens de prouver cette agression mais cette fois-ci, tu devras te défendre contre une personne qui vient de rendre 20 ans de services à la nation et non contre le lycéen honteux et confus de l'époque". Et il termine ainsi : "Alors, mon petit Régis, toi qui voulais savoir si j'ai des couilles, tu vas bientôt pouvoir en connaître la nature, je te le garantis".

Contacté par téléphone, Grégory nous a précisé que l'abbé Beils avait encadré à cette époque un voyage scolaire à Rome avec le lycée St Paul, à Lille : "Nous avons sympathisé et peu après, il m'a invité à manger chez lui, à Wambrechies".
 


Suite à ce court texte publié jeudi dernier, le diocèse de Lille a effectué immédiatement un signalement au procureur de la République et indique que le prêtre est "suspendu de toute responsabilité pastorale". Selon nos informations, le prêtre ne nie pas les faits.

"L'évêque de Lille s'en remet à la justice", explique le diocèse dans un communiqué. "Greg ON" a été contacté dès vendredi dernier par le vicaire général :  "J'ai été très surpris que ma parole soit considérée et pas mise en doute. J'ai été encouragé à engager des procédures." 

L'auteur du post, qui a un devoir de réserve en tant que fonctionnaire, a indiqué qu'il avait également porté plainte ce lundi. "J'y ai joint d'autres témoignages de personnes qui ont également côtoyé l'abbé Régis Beils comme aumônier du lycée St-Paul. Ils disent avoir subi les mêmes choses que moi et m'ont contacté suite à mon post Facebook."
 

"C'est bouleversant"


"Greg ON", marié et père de deux enfants, a choisi Facebook pour sortir du silence pour être sûr que sa dénonciation ait du poids : "Je veux que la capacité de nuire de Régis Beils soit examinée très vite par la justice. Je veux aussi protéger d'autres éventuelles victimes." Et il poursuit, déterminé et affecté : "J'ai attendu d'être le plus stable possible dans ma vie pour parler. Vous savez, c'est bouleversant de vivre des choses comme ça. Ça reste toujours. Il y a une honte. J'ai eu des complications psychologiques que j'ai réussi à soigner. C'est dur de sortir du silence mais ce qui m'a décidé c'est que j'ai vu passer des articles élogieux sur l'abbé Beils. Ni ma femme, ni mes amis, ni personne n'étaient au courant..."

Regis Beils, 73 ans, est actuellement prêtre à Vendeville. Au cours de se 40 ans de prêtrise, il a également officié au lycée St Paul à Lille, à Hem, à Wambrechies. Il dit mal vivre ces révélations auxquelles il ne « s’attendait pas du tout  ». « Ce n’est pas quelque chose de récent », dit-il à La Voix du Nord, sans répondre sur les faits.


 

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