Covid-19 : le CH Dron de Tourcoing lance une étude nationale sur les symptômes persistants chez les malades

Fatigue, essoufflements, perte de l’odorat… les symptômes persistent chez certains malades du Covid-19. Un millier d’entre eux va être suivi pendant un an par une grande étude nationale, coordonnée par le centre hospitalier de Tourcoing.

Au moins 1 000 malades du Covid-19 dont les symptômes persistent vont participer à une étude nationale.
Au moins 1 000 malades du Covid-19 dont les symptômes persistent vont participer à une étude nationale. © Chad Macdonald
Et si l’on ne guérissait pas complètement du Covid-19 ? Et si certains patients pouvaient garder des séquelles à vie ? Ces questions sont au coeur de l'étude que va coordonner Olivier Robineau, médecin au service universitaire des maladies infectieuses et du voyageur au CH Dron à Tourcoing : "nous allons travailler avec des centres hospitaliers de toute la France en y associant les médecins généralistes".  

Si la plupart des malades du Covid-19 guérissent en quinze jours, certains ne s'en sont toujours pas remis. Leurs symptômes persistent de longues semaines après leur apparition. Face à l’impuissance de leur médecin, ils alertent sur les réseaux sociaux. C’est accompagnés des hashtags #aprèsJ20, #aprèsJ60, parfois même #apresJ100 que leurs témoignages défilent sur Twitter, Facebook ou Instagram.  

Difficultés à respirer, fatigue extrême, perte de l'odorat, douleurs musculaires... 

Soucieuse de ce problème, l’Académie de Médecine a récemment reconnu que “les séquelles sont une menace réelle dont l’importance reste mal évaluée”. L’institution a publié le 15 juillet dernier un avis dans lequel elle détaille celles qu'elle connaît déjà : “Malaise général, douleurs musculaires, arthralgies (douleurs dans les articulations), fatigue au moindre effort physique ou intellectuel, perte de la mémoire et, parfois, accès de tachycardie”.
Au service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Hôtel-Dieu à Paris, le professeur Dominique Salomon constate aussi une perte de l’odorat, des sensations de brûlures, des fourmillements, des pertes de cheveux et des troubles thyroïdiens chez certains patients. Depuis mi-mai, la médecin a reçu “une bonne centaine” de patients concernés par ces symptômes persistants.

Une enquête nationale regroupant au moins 30 centres hospitaliers 

Face à leurs questions sans réponse, le centre hospitalier de Tourcoing lance une enquête nationale sur les formes prolongées du Covid-19. L’étude "Cocolate", soumise aux autorités, doit regrouper au moins 30 centres hospitaliers de toute la France, de Marseille à Lille en passant par Paris et Nice. Son lancement est prévu pour septembre.  

L'investigateur principal de l’étude Olivier Robineau espère regrouper au moins 1 000 patients présentant des symptômes persistants ou qui réapparaissent, plusieurs semaines après l’épisode initial. "Pour dégager une image claire de cette maladie polymorphe, les petites études décrivant 50 patients ne suffisent pas. Il est nécessaire de coordonner une grande enquête à l’échelle nationale”, considère-t-il.   
Le centre hospitalier de Tourcoing est le promoteur de l'étude nationale qui doit être lancée en septembre.
Le centre hospitalier de Tourcoing est le promoteur de l'étude nationale qui doit être lancée en septembre. © MAXPPP

1 000 patients étudiés pendant un an 

Pendant au moins un an, les patients seront suivis par les différents centres hospitaliers. Leur sang, leur état physique et psychique seront analysés à minima tous les quatre mois. Contrairement aux idées reçues, ces patients n’ont pas tous contracté une forme grave du Covid. “La perte de l’odorat et les douleurs articulaires par exemple, touchent souvent les malades qui n’ont pas été hospitalisés”, a pu constater Olivier Robineau à Tourcoing. 

Vers des séquelles à vie ? 

Pour le docteur Robineau, coordinateur de l’étude, “il ne s’agit pour l’instant que de symptômes persistants. On ne sait pas s’il s’agit de séquelles irréversibles. Cette étude va permettre de comprendre comment les troubles évoluent et s’ils sont amenés à disparaître.” Dans l’état actuel des connaissances, il ne voit aucune raison que le virus se transforme en maladie chronique : “ce qu’on observe n’est pas si étonnant. C’est bien connu que les virus activent l’immunité. Certains patients peuvent rester fatigués pendant des mois après une mononucléose infectieuse par exemple. L’enquête va permettre de démêler le vrai du faux. Jusqu’ici la médecine n’a que des hypothèses, nous ne connaissons cette maladie que depuis six mois. Obtenir de vraies réponses risque de prendre des années”. 
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