Samedi, Gérald Darmanin va se marier puis démissionner de son mandat de maire de Tourcoing

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin démissionnera samedi de son mandat de maire de Tourcoing (Nord).
Gérald Darmanin, le 12 août 2020
Gérald Darmanin, le 12 août 2020 © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
C'était annoncé, officiel mais on ne connaissait pas encore la date. ce sera samedi. Gérald Darmanin ne sera plus maire de Tourcoing. "Etre ministre de l'Intérieur, c'est être ministre à temps plein. Mais mon coeur reste à Tourcoing: je suis toujours élu de notre ville et je redeviendrai maire dès ma mission nationale terminée. #Tourcoing", a écrit sur Twitter M. Darmanin. Sa démission sera remise samedi après la célébration de son mariage en secondes noces en mairie, a précisé son entourage, confirmant une information du magazine Closer. Il va épouser sa compagne, une Nordiste de 33 ans, actuellement directrice conseil chez Havas Paris. Son successeur sera élu lors d'un conseil municipal en septembre, dont la date exacte n'est pas encore fixée, selon la même source. M. Darmanin continuera à siéger au conseil municipal et le choix du futur maire n'est pas encore arrêté, a-t-on précisé.

 Gérald Darmanin, réélu haut avec 60,9 % des voix au premier tour des élections municipales le 15 mars, sur fond d'abstention record, avait indiqué fin juillet que le futur maire de Tourcoing serait connu "fin août", après avoir initialement émis le souhait d'une nomination à "fin juillet". Selon son cabinet interrogé fin juillet, ce report d'un mois était dû à des "réunions annulées par deux fois" en raison "d'urgences", notamment en rapport avec l'incendie
de la cathédrale de Nantes, sans autre commentaire.

Selon la jurisprudence instaurée par Lionel Jospin en 1997, un ministre ne peut pas diriger un exécutif local. Certes, il s'agit d'une règle non-écrite -qui a
souffert des exceptions, à gauche comme à droite (Le Drian, Sarkozy...)- mais l'ex-Premier ministre Edouard Philippe l'avait sanctuarisée en septembre 2019. M. Darmanin avait de nouveau ceint l'écharpe tricolore le 23 mai, retrouvant un siège occupé entre mars 2014, quand le jeune élu alors
estampillé UMP avait ravi la ville au PS, et septembre 2017.

"Si je suis tête de liste, c'est pour être maire"

Gérald Darmanin en janvier 2020

A son entrée au gouvernement en 2017, le ministre, désormais LREM, avait attendu quatre mois avant de céder son fauteuil à un fidèle et de devenir premier adjoint. "Si je suis tête de liste, c'est pour être maire" de Tourcoing, déclarait-il toutefois fin janvier dans La Voix du Nord.  Le ministre de l'Intérieur a vécu des premières semaines agitées à son nouveau poste au sein du gouvernement Castex. Des associations et certains élus ont protesté contre sa nomination en raison d'une accusation de viol dont il est l'objet. Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l'avait sollicité en 2009 lorsqu'il était chargé de mission à l'UMP (parti devenu LR) pour faire annuler une condamnation pour chantage et appels malveillants à l'égard d'un ex-compagnon.

Selon ses déclarations, l'actuel ministre de l'Intérieur lui aurait fait miroiter son appui et elle se serait sentie contrainte de "passer à la casserole", ainsi qu'elle l'a expliqué aux enquêteurs. Gérald Darmanin a reconnu avoir eu une relation sexuelle avec cette femme mais, selon lui, librement consentie. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été récemment relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations. La majorité se veut unanime derrière le principe de la présomption d'innocence. En juillet, quelque 200 élus, pour la plupart proches du ministre, lui ont apporté leur "soutien" dans une tribune, dont Xavier Bertrand. En parallèle, des manifestations ont eu lieu dans des grandes villes et en marge de déplacement du ministre. 
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