Coronavirus : à PSA Douvrin, la reprise partielle de l'activité se heurte à l'opposition des syndicats

Un reprise partielle de l'activité sous forme de test de production avec des mesures sanitaires renforcées avait été envisagée pour lundi 6 avril. A l'issue du CSE ordinaire du 31 mars, il n'en est finalement plus question. 

L'usine PSA de Douvrin
L'usine PSA de Douvrin © PHOTOPQR/LE PARISIEN
Deux Comités Sociaux Economiques se sont tenus ce 31 mars au sein des sites de production de Valenciennes et Douvrin. A l'issue de ces deux comités, une production partielle avec des mesures sanitaires renforcées était envisagée, le 3 avril à PSA-Valenciennes et le 6 avril à PSA-Douvrin.

A l'issue de ce CSE, à Douvrin, il a été confirmé que les mesures sanitaires renforcées seront auditées par un expert de PSA le 2 avril et que dès le lendemain le CSSCT (qui remplace depuis le janvier 2020 les anciens CHSCT, comités hygène sécurité et conditions de travail), composé de représentants du personnel allait également inspecter ces nouvelles mesures sanitaires. Mais d'ores et déjà on sait que la reprise sous forme de test de production n'aura pas lieu le 6 avril
 
Un sens de circulation piéton marqué au sol pour que les salariés ne se croisent pas, distanciation sociale d’un mètre entre les postes, masques et gel hydroalcoolique mis à disposition constituent essentiellement les nouvelles mesures sanitaires. Un dizième des 1750 salariés sont nécessaires, sur la base du volontariat, pour que ce test de production de moteurs soit mis en place, lundi 6 avril.

Dès lundi 30 mars, les différents syndicats de l'entreprise comprenaient mal voire repoussaient catégoriquement ce redémarrage partiel ou ce test de production.

Opposition de tous les syndicats


"La reprise d'activité ne pourra s'envisager qu'après le pic de l'épidémie dans notre pays", estimait Olivier Lefebvre, délégué central de FO, première organisation syndicale chez PSA. "Il y a une incompréhension sur pourquoi on veut aller aussi vite aujourd'hui pour fabriquer des voitures qui ne sont pas vendues". Pour la CGT, dès le 27 mars elle déclarait : "En pleine pandémie, demander à des centaines de salariés de mettre fin à leur confinement est irresponsable et criminel", quant à la CFTC, elle déclarait "Il est donc hors de question de demander, aujourd'hui, aux salariés de PSA de sortir de chez eux, alors même que le gouvernement vient de prolonger la période de confinement qui s'impose à tous les Français", insistant sur le fait que l'industrie automobile ne fait pas partie des secteurs économiques jugés essentiels par le gouvernement.

Au service presse PSA-Paris, on rappelle bien que la priorité est donnée à la sécurité des salariés et on concède qu'en deuxième temps, il faut également protéger l'entreprise, tout en refusant de communiquer des "chiffres d'impact", confidentiels à ce jour. 

A Valenciennes, le service communication précise, "en l'état actuel de la situation, le site est à l'arrêt. La direction communiquera dès que la reprise sera envisagée. Le groupe PSA met en place des mesures renforcées afin de créer les conditions d'une reprise d'activité sécurisée et progressive". 
Trois sites PSA en Hauts-de-France
  • PSA Douvrin, Pas-de-Calais. Anciennement connue comme la Française de mécanique, l'unité de production PSA fabrique des moteurs pour le groupe. 1750 personnes y travaillent. 
  • PSA Valenciennes, Nord. Fabrication de boîtes de vitesse pour le groupe PSA par 1700 salariés. 
  • Sevelnord Hordain, Nord. Les trois équipes constituent un effectif de 2500 personnes au total. Fabrication d'utilitaires. Déclinés en différentes marques ensuite. 
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