Régionales : Marine Le Pen battue à Calais, avec moins de voix qu'au premier tour

A Calais, des migrants passent devant des affiches de Marine Le Pen. / © AFP
A Calais, des migrants passent devant des affiches de Marine Le Pen. / © AFP

Les habitants de Calais, ville dirigée par Natacha Bouchart (LR) et touchée par la question migratoire, ont voté en majorité pour Xavier Bertrand au second tour des élections régionales 2015. Fait marquant, Marine Le Pen a perdu des électeurs entre les deux tours.

Par Mickael Guiho

Dimanche 13 novembre, les votants de Calais ont choisi la liste menée par Xavier Bertrand (LR) à 55,13%, contre 44,87% pour Marine Le Pen. Un résultat assez attendu dans une commune qui s'était choisie une maire Les Républicains l'année dernière, Natacha Bouchart. Mais Calais est une ville sous tension. A la tombée des résultats, la patronne de l'hôtel de ville a été chahutée par les militants du Front National.
Calais : Natacha Bouchart (LR) chahutée par les militants FN lors de la proclamation des résultats

Marine Le Pen recule


Au second tour à Calais, la liste de Xavier Bertrand a recueilli 14.501 votes. Le candidat LR en avait convaincu 5.760 au premier tour. Il a donc bénéficié d'un bon report de voix et de la hausse de la participation (plus de 2.500 votants supplémentaires au second tour par rapport au premier).

Marine Le Pen en revanche n'a recueilli que 11.801 votes. C'est un peu moins qu'au premier tour, quand 12.088 électeurs avaient choisi le Front National, le mettant en tête du scrutin. Certains de ces électeurs se sont donc abstenus ou ont changé leur vote ; des défections que la candidate n'a pas réussi à compenser par une récupération d'électeurs de gauche ou d'abstentionnistes du premier tour.

Calais, au centre de la campagne électorale


Xavier Bertrand et Marine Le Pen avaient choisi de donner une place importante à Calais et ses migrants dans leur campagne pour les élections régionales. L'un et l'autre s'étaient posés en tenants de l'autorité.

Le premier réclamait la création d'un centre fermé (pour contenir les réfugiés), le déplacement de la frontière anglaise (pour impliquer davantage les autorités britannique dans la gestion de cette population - c'est évidemment au-delà de la compétence régionale) et l'instauration d'un blocus au large des côtes libyennes pour freiner l'immigration en amont (là encore, c'est un débat national).

La seconde voulait supprimer les subventions régionales aux associations d'aide aux immigrés (accusées d'encourager l'immigration et même le terrorisme) et démanteler la jungle de Calais (seul l'Etat en aurait eu la compétence).

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